Les décorations de Noël
En ce mois de décembre, les rues libanaises brillent de mille feux. Je constate au cours de mes déplacements que les municipalités n’ont pas lésiné sur les dépenses, décorant réverbères, ronds-points et rues avec des étoiles et des « Joyeux Noël ». Sur un rond-point de Ballouneh où se situe Anta Akhi, je suis séduit par la crèche illuminée et composée d’étoiles, de personnages et d’animaux. Par contre, quand je veux la photographier début janvier, elle est déjà démontée. J’essaierai d’être un peu plus réactif l’année prochaine.
Les municipalités ne sont pas les seules impliquées dans la décoration des villes. Une société de pain a embelli un rond-point à quelques kilomètres de Ballouneh. Solidere, la société en charge de la reconstruction du centre-ville de Beyrouth, se charge de la décoration de celui-ci. Elle a notamment installé un sapin géant entre la statue des Martyrs et la grande mosquée Muhammad al-Amin. Il mesure 21 mètres et est composé de 500 sapins naturels. Il est décoré de 750 boules argentées et 200 anneaux en acier inoxydable. Il est illuminé de 1150 lampes tandis que 20 projecteurs de diverses couleurs sont braqués en sa direction (chiffres tirés du quotidien L’Orient-Le Jour). Dans un but commercial, les vitrines des boutiques se livrent une rude concurrence. Je retiens personnellement un bâtiment ruisselant de lumière, l’effet est de toute beauté.
L’utilisation de telles illuminations peut sembler paradoxal dans un pays où les coupures d’électricité sont fréquentes. Les générateurs prenant le relai pendant les heures d’interruption sont fortement sollicités en cette période de Noël. Par temps de paix ou de guerre, les Libanais ont le sens de la fête, et ils aiment le faire partager.
Globalement, les décorations sont assez similaires à celle en France, je ne suis donc pas totalement dépaysé au Liban !
Les crèches
Représentant la Nativité du Christ, la crèche reste l’élément important de Noël. Elle se retrouve au Liban dans les maisons, les magasins, les rues et les églises. A Anta Akhi, une crèche a été composée le jour de la sainte Barbe le 4 décembre. Avec des éléments naturels et des objets collectés. La loi de Lavoisier que j’avais appris dans mes études scientifiques se confirme, « Rien ne se perd, rien ne se créé, tout se transforme ».
A l’ABC d’Achrafieh (galerie commerciale dans un quartier de Beyrouth), j’ai découvert ma première crèche en glace qui s’avère aussi être la première de ce style au Liban. La sculpture des dix personnages a exigé 120 heures de travail et sept tonnes de glace.
Les paroisses rivalisent entre elles pour avoir les plus belles crèches. Personnellement, je me suis émerveillé devant la crèche de l’église sainte Thérèse de Séhailé, église près de Ballouneh où avait lieu le concert de Noël du Sesobel. Des scènes animées de la vie quotidienne au Liban sont à couper le souffle : l’homme fumant son narguileh, les danseurs de dabkeh (danse libanaise), le souffleur de verre, l’homme retassant le toit avec une mahdaleh (sorte de rouleau compresseur)…
Quelques photos…
… et une vidéo
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