Après de longs mois de campagne, les élections législatives auront lieu demain. Le quotidien L’Orient-Le jour d’aujourd’hui considère ce scrutin comme le plus crucial du Liban contemporain, pays dirigé par un gouvernement d’unité nationale depuis la fin du printemps 2008.
Le renouvellement du Parlement
Un peu plus de 3,2 millions de Libanais sont appelés aux urnes demain et doivent choisir 128 députés parmi les 587 candidats enregistrés, répartis à parité entre chrétiens et musulmans pour un mandat de quatre ans. Chaque communauté religieuse se voit attribuer un nombre de sièges dans 26 circonscriptions en fonction de son poids démographique. Les députés sont élus à la majorité simple.
Les partis en présence
Deux camps s’affrontent lors de ce scrutin :
- La majorité parlementaire anti-syrienne menée le Courant du Futur (formation musulmane sunnite de Saad Hariri, fils de Rafic Hariri assassiné en 2005), associé au Parti Socialiste Progressiste (formation druze de Walid Joumblat), aux Forces Libanaises (formation chrétienne maronite de Samir Geagea), au Parti Kataeb (formation chrétienne d’Amine Gemayel)…
- La minorité menée par le Hezbollah (formation musulmane chiite de Hassan Nasrallah) alliée au mouvement Amal (formation chiite de Nabih Berri), au Courant Patriotique Libre (formation du général chrétien maronite Michel Aoun), à la Brigade Marada (formation chrétienne maronite de Sleiman Frangieh), au Tachnag (parti arménien chrétien), au Parti Démocratique Libanais (formation druze de Talal Arslan), au Parti Social Nationaliste Syrien…
Les votes chiites et sunnites sont quasiment monolithiques. La quasi-totalité des chiites sont acquis au Hezbollah et l’écrasante majorité des sunnites se rangent sous la bannière de Saad Hariri. Tout se jouera donc dans les circonscriptions à majorité chrétienne. Très courtisé, l’électorat chrétien pourrait faire basculer le scrutin dans un sens ou dans l’autre.
La participation de la diaspora libanaise aux élections
Comme la loi n’accorde pas le droit de vote à l’étranger, le site de Libnanews précise que la diaspora libanaise s’est mobilisée avec 19 000 entrées au Liban durant les derniers jours en provenance de différents pays arabes et occidentaux. Selon l’Agence Nationale d’Information, les principaux contingents d’électeurs seraient en provenance du Golfe Persique, des USA, du Canada, de l’Union Européenne et de l’Australie.
Les élections législatives sous haute surveillance
Le ministre de l’Intérieur Ziad Baroud a affirmé qu’un important plan de sécurité a été mis au point sur le plan national impliquant le déploiement de 30000 soldats et policiers autour des bureaux de vote et des régions avoisinantes et 20000 ailleurs à travers tout le pays.
Les élections, les premières à être organisées sur une seule journée, seront supervisées par plus de 200 observateurs internationaux venus notamment de l’Union Européenne et du Centre Carter. Un communiqué a précisé que l’ancien président américain Jimmy Carter et l’ancien Premier ministre yéménite Abdel-Karim al-Aryani, tous deux appelés à diriger la délégation chargée d’observer les élections libanaises, rencontreront les autorités et les chefs des partis politiques libanais, ainsi que les délégations locales et internationales pour la surveillance des élections. La délégation observera le scrutin, le dépouillement et le processus du comptage. La mission pour la surveillance des élections qui relève du Centre Carter restera au Liban jusqu’à la fin du mois de juillet pour observer l’ambiance politique post-électorale, y compris l’enregistrement des plaintes. La mission évaluera le processus électoral au Liban à la lumière des cadres juridiques adéquats.

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