« La pierre de la femme enceinte »
A l’entrée de Baalbek, nous différions la découverte des ruines pour visiter l’une des carrières antiques creusées dans la colline d’où proviennent les pierres qui ont servi à la construction des temples. Un bloc de pierre taillée surnommé Hajar el-Houblé, « la pierre de la femme enceinte », est resté à l’emplacement où il fut extrait. C’est probablement la plus lourde pierre taillée du monde. Elle mesure 21.5 m de long, 4.8 m de large et 4.2 m de haut. Son poids est estimé à 2000 tonnes. Je suis monté en haut de cette pierre pour poser avec le drapeau libanais !
A l’entrée de la cité antique
Après avoir quitté Zahlé, le principal foyer chrétien de la Bekaa, nous constations rapidement que la région proche de Baalbek était fortement musulmane chiite. En voici quelques indices. Les affiches pro-Hezbollah le long et en travers de la route. La sollicitation d’un vendeur de T-shirt aux couleurs du Hezbollah (jaune avec le dessin d’un combattant vert armé d’une Kalachnikov) à l’entrée de la cité. L’espace pro-Hezbollah (photos d’Hassan Nasrallah, discours de celui-ci diffusés par haut-parleurs) à l’entrée de la cité.
Au Liban, deux monnaies sont fréquemment utilisées, la livre libanaise et le dollar. A l’entrée, un écriteau précisait « les dollars ne sont pas acceptés », l’Amérique et le dollar son symbole n’étaient pas les bienvenus.
Petit historique de la cité antique
Les vestiges actuels datent de l’époque romaine, quand l’Empereur Auguste (27 av. JC – 14 ap. JC) fit construire sur une acropole un temple grandiose en l’honneur de Jupiter Héliopolitain, qui prenait la suite des cultes archaïques de Baal-Shamash, Aliyan et Ashart ou Astarté (il ne reste rien de la Baalbek phénicienne). Entre-temps, les Grecs baptisèrent le sanctuaire Héliopolis (la Cité du Soleil) et remplacèrent la triade phénicienne primitive par Zeus, Aphrodite et Hermès. Les successeurs d’Auguste continuèrent l’aménagement du sanctuaire, achevant les constructions déjà entamées et programmant de nouvelles réalisations : les temples de Bacchus et de Vénus à la fin du 2ème siècle ; l’entrée monumentale le siècle suivant. L’avènement du christianisme marqua l’abandon des grands projets d’embellissement, suivi sous le règne de Théodose (379-395) d’une campagne de destructions systématiques. Transformés par les arabes en forteresse, les temples furent ensuite abandonnés et oubliés. Redécouvert par les voyageurs du 18ème siècle, le site ne sera vraiment étudié qu’à la fin du siècle suivant.
Les Propylées
Nous accédions aux ruines par un escalier monumental menant aux Propylées, l’entrée proprement dite du sanctuaire. Au sommet de l’escalier s’élevait un portique soutenu par douze colonnes hautes de 8 m (dix ont été remontées en partie) encadrées par deux tours à chaque extrémité. Une charpente en bois de cèdre recouvrait autrefois le portique. Le mur du fond était percé de trois portes. La grande porte centrale était réservée au clergé tandis que les deux autres permettaient l’accès du peuple.
La Cour hexagonale
Derrière les Propylées, la cour profonde d’environ 60 m jouait dans l’Antiquité le rôle d’étape de réflexion avant de pénétrer plus avant dans le sanctuaire. Elle était entourée d’un portique laissant à ciel ouvert un espace de 37 m de diamètre. En le recouvrant, Théodose transforma plus tard cette cour en église. Au 7ème siècle, les Arabes modifièrent la structure du mur d’enceinte à des fins militaires.
La Cour de l’autel ou Grande Cour
Seuls les fidèles faisant preuve d’une réelle piété pouvaient pénétrer dans cette cour mesurant 135 m sur 113 m. Deux grands bassins disposés symétriquement servaient aux ablutions. La tour-autel, dont il ne subsiste que le rez-de-chaussée, permettait aux pèlerins d’apercevoir la statue du dieu au fond du temple. Il devait s’agir d’un monument important et massif propre à frapper l’imagination des visiteurs. Le petit autel, restitué partiellement, devait être réservé au clergé qui venait y pratiquer des sacrifices.
Le Temple de Jupiter
Ce sanctuaire était accessible par un escalier monumental constitué d’énormes blocs monolithiques. Il couvrait une surface d’environ 88 m sur 48 m. Il surpassait par ses dimensions, mais aussi par sa beauté, tous les temples du monde antique gréco-romain. Son plan nous est inconnu, mais on peut penser qu’il devait être du même type que celui, voisin, de Bacchus.
Aujourd’hui, il ne reste que l’immense soubassement et six colonnes, hautes de 20 m et d’un diamètre de 2.20 m, du péristyle. Colonnes qui constituent avec le cèdre l’image la plus connue du Liban.
Le Temple de Bacchus
Ce temple est exceptionnellement bien conservé. Il est un peu moins grand que son voisin mais mesure quand même 69 m de long sur 36 m de large (il est plus grand que le Parthénon à Athènes !).
Faute de temps, j’ai été déçu de ne pas être entré dans ce Temple. Cela fait une occasion pour y retourner !
Le Temple de Vénus
Ce Temple a une conception originale en forme de fer à cheval. Les sculptures intérieures (coquillages, colombes) qui ornent la cella rendent hommage à Vénus, déesse de l’Amour, de la Beauté et de la Fécondité.
En conclusion, ce site majestueux m’a laissé bouche-bée. Il mérite pleinement le surnom de « merveille du désert » que lui décerna un Lamartine ébloui. Visiter ce lieu à 11h du matin nous a permis de sillonner les ruines et ne croiser que quelques personnes. La petite déception, c’est la présence de la scène, de tous ces sièges… pour le prestigieux festival de Baalbek. Il faudra que je revienne à un autre moment de l’année !
Et pour finir, une vidéo pour donner une idée du site. Désolé pour la qualité mais j’ai dû diminuer le poids de la vidéo initiale pour sa diffusion sur ce blog.

la caravane amoureuse est superbe et incroyable vous me donnez un nouveau lecon pour comprendre la vie sauf par coeur et par yeux eclattantes