Profitant d’une terre argilo-calcaire, d’un ensoleillement de près de 300 jours par an et d’un climat sans caprices, les vignobles s’étendent à perte de vue dans la plaine fertile de la Bekaa.
L’origine du vin au Liban remonte aux Phéniciens qui en firent commerce avec le reste de la Méditerranée. Les Grecs et les Romains perpétuèrent la tradition. Ce n’est pas un hasard s’ils ont construit, à quelques kilomètres de là, à Baalbek (voir l’article « Visite des ruines de Baalbek »), un des plus célèbres temples consacrés à Bacchus. Le christianisme entretint à son tour cette culture du vin, des noces de Cana jusqu’aux Croisés, en passant par Byzance.
Un projet d’écotourisme baptisé « La route des vins libanais » propose aux touristes étrangers et aux libanais une tournée des caves locales accompagnée de visites des principaux sites archéologiques et naturels. Nous n’avons pas sillonné la Bekaa dans cet objectif. Mais nous avons quand même fait la visite des caves du Château Ksara. Initialement non prévue dans le programme, c’est moi qui ai demandé à ce qu’elle soit ajoutée. Et je n’ai pas été déçu ! Les autres non plus !
Petit historique du Château Ksara
C’est précisément sur l’emplacement d’un ancien château (ksar en arabe) franc qu’en 1857 les Pères Jésuites font l’acquisition de la propriété de Ksara, un domaine pierreux de 25 hectares. Malgré les conditions difficiles du terrain, les missionnaires s’improvisent viticulteurs en se lançant dans la plantation de cépages. Les caves sont découvertes par hasard en 1898. Alors que des orphelins jouent à enfumer un renard qui effraye les poules, ils tombent sur des cavernes romaines situées juste sous le monastère jésuite. Comme la température est idéale pour la conservation et le vieillissement du vin (11 à 13 degrés), des tunnels sont creusés pour relier les cavernes entre elles. Durant la première guerre mondiale, alors que la famine menace et que les Turcs enrôlent de force les jeunes hommes, de nombreux villageois se réfugient au monastère. Ils travaillent alors à élargir et aménager les caves. Creusées dans les entrailles des rochers, elles s’étendent aujourd’hui en un gigantesque labyrinthe de 2 kms. Le Concile Vatican II ayant demandé aux religieux de céder leurs entreprises commerciales, les Pères Jésuites vendent en 1973 l’exploitation à plusieurs familles regroupées dans l’actuelle société propriétaire.
La visite du Château Ksara
Alors que la température extérieure frôlait les 30 degrés, nous nous promenions dans des galeries où fraîcheur et obscurité faisaient frissonner. Les alignements de fûts en bois de chêne qui conservent le vin et les nombreuses bouteilles poussiéreuses mais précieuses nous donnaient une idée de l’activité du vignoble. Plus de 2 millions de bouteilles sont produites par an, dont près de la moitié destinée à l’exportation. Depuis mon arrivée au Liban, j’en ai tout de même laissé une ou deux vides sur le territoire libanais !
Après cette visite sous terre, nous avions rendez-vous pour une dégustation de vins de la propriété. Au banc des essais, le Château blanc de blancs (cépages : Chardonnay, Sauvignon et Sémillon), le Sunset rosé (cépages : Cabernet-Franc et Syrah), la Cuvée de printemps 2008 (cépages : Gamay et Tempranillo) et enfin le Château rouge 2003 (cépages : 60 % Cabernet Sauvignon, 30 % Merlot et 10 % Petit Verdot). Personnellement, je reconnais ne pas être un fin connaisseur de vins mais j’avoue avoir bien aimé le blanc de blancs et le Château rouge qui était fort en bouche et en longueur.

Salut jeune homme,
C’est comment ?
Dis moi sais tu qu’en Afrique on ne trouve pas un seul vin de qualité ou alors il faut y mettre le prix, ce qui ne rentre pas dans le budget de l’indemnité !
Donc je vais passer deux ans sans déguster un vrai bon vin ! Alors profites bien de cette dégustation !!!
A très vite
Emilie La dschang !