Après la visite des caves du Château de Ksara, nous reprenions la route vers le sud. Direction Anjar un village rassemblant une nombreuse population arménienne. Les ruines d’une cité omeyyade près de ce village sont l’unique site du Liban datant de l’époque de cette brillante dynastie musulmane. Comme le site de Baalbek, il est inscrit sur la liste du patrimoine mondial au titre de site culturel.
Petit historique de la cité
Les Omeyyades sont une dynastie de califes sunnites qui gouvernèrent le monde musulman de 661 à 750, établissant leur capitale à Damas. L’autre empire arabe historique est celui des Abbassides (750-1258) ayant Bagdad pour capitale.
La cité fut fondée par le Calife Al Walid 1er qui régna de 705 à 715. Quarante ans plus tard à peine, Marwan II, concurrent du fils du calife pour sa succession, la détruisait. La cité connut donc une existence éphémère.
La cité resta ensevelie pendant des siècles et resurgit en 1949 seulement, date à laquelle débutèrent les fouilles. Anjar diffère donc des autres sites archéologiques du Liban qui peuvent parfois se prévaloir d’une histoire ininterrompue depuis leur fondation à nos jours.
L’organisation de la cité
La ville s’organisait en un rectangle d’environ 385 m sur 350 m. Elle était entourée d’une enceinte munie de tours semi-circulaires et percées de 4 portes, situées aux points cardinaux.
L’intérieur était organisé selon un plan d’une rigoureuse symétrie, à partir des deux avenues principales (cardo et decumanus) qui se coupaient à angle droit au centre. Au croisement des deux s’élevait le tétrapyle, un ensemble de quatre socles surmontés de quatre colonnes et formant une sorte d’arc de triomphe.
En se promenant dans les rues principales, larges d’une dizaine de mètres et bordées d’arcades, nous pouvions facilement imaginer l’animation d’une ville princière très commerçante (plus de 600 boutiques s’alignaient en arrière des portiques). Anjar était certainement un relais pour les caravanes reliant Damas au littoral et un important centre commercial.
Les quatre quartiers se divisaient eux-mêmes toujours avec la même rigueur en secteurs. Dans le secteur sud-est se trouvaient une mosquée et un palais contigus, ainsi que deux autres palais plus petits et des bains. Dans le quartier sud-ouest se trouvaient des secteurs d’habitations populaires. Dans les deux autres quartiers se trouvent les fondations d’un palais jamais construit, un ensemble de cellules, et de petits îlots d’habitations. Des espaces vides devaient contenir des jardins.
En entrant dans ce site après la visite de celui de Baalbek, ma première impression était de la déception. Et puis finalement, en nous promenant seuls dans ce lieu (surprenant de ne pas croiser d’autre touristes en cette saison estivale, mais tant mieux pour nous !), ce site à dimension plus humaine que Baalbek était des plus apaisants. Je recommande tout de même aux personnes souhaitant visiter ces 2 sites de commencer par Anjar et de se rendre ensuite à Baalbek.

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