Alors que l’été n’a pas encore tiré sa révérence, je reviens sur un fait constaté dans les piscines que j’ai fréquentées. Les travailleurs domestiques d’origine étrangère n’accédaient pas au bassin pour jouer avec les enfants dont elles avaient la charge, elles restaient debout autour de la piscine pour les surveiller. Une fois, j’ai vu une femme mettre l’extrémité d’un pied dans l’eau, pas plus.
L’ONG HumanRights Watch (HRW) a récemment mené une enquête concluant que l’accès aux piscines de certains centres balnéaires est parfois interdit aux travailleurs domestiques d’origine étrangère. Cette conclusion est corroborée par de nombreux témoignages de personnes ayant dû faire face à ce genre de situation. Voici l’article de Nelly Hatem publié sur le site iloubnan.info le 28 août.
L’été 2009 a dépassé tous les records en matière de fréquentation touristique au Liban et s’avère particulièrement rentable pour les centres balnéaires qui jalonnent la côte. Cependant, tout le monde n’est pas le bienvenu dans ces clubs. Les travailleurs domestiques migrants, ou les touristes de couleur, rencontrent parfois certaines difficultés pour y entrer. « L’été dernier, nous avons appelé des centres balnéaires en prétendant être une famille s’informant sur les conditions d’accès en matière de frais d’entrée et du règlement concernant les travailleurs domestiques migrants » a raconté au quotidien libanais anglophone The Daily Star dans son édition du 25 août Nadim Houry, responsable de la recherche à HumanRights Watch (HRW) à Beyrouth. L’ONG a mené une enquête sur l’accès des domestiques étrangers d’origine africaine ou asiatique à des centres balnéaires. Le résultat est parlant : 17 centres balnéaires sur 27 admettent pratiquer une forme de discrimination à l’égard des travailleurs migrants d’Asie ou d’Afrique : plus spécifiquement, il s’agit d’interdictions à l’égard des domestiques employées par de nombreuses familles libanaises. En fait, beaucoup de centres balnéaires laissent entrer les « bonnes », comme on les qualifie ordinairement ici. Mais uniquement si elles sont accompagnées de leurs employeurs. Toujours est-il que ces femmes ne peuvent ni s’asseoir dans l’espace public ni avoir accès à la piscine ou à la mer, parce que les « Libanais ne sont pas habitués à voir les bonnes nager » affirme HRW. Tania, mère libanaise de 3 enfants raconte : « Ma bonne surveillait mon fils de 2 ans qui jouait dans la piscine pendant que je profitais du soleil quelques mètres plus loin. C’est alors que le maitre nageur s’est approché et m’a demandé d’éloigner ma femme de ménage, qui étais assise au bord de la piscine, les pieds dans l’eau, parce qu’une dame était dégoutée par sa vue », raconte un témoin.

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