Dans la continuité de l’article 24 octobre, journée mondiale d’action autour du climat, un homme, activiste d’IndyAct, est resté enfermé trois jours et trois nuits dans un grand cube transparent. L’objectif de cette action sur la corniche de Aïn el-Mreissé à Beyrouth était de protester contre l’inaction des politiques arabes face au réchauffement climatique. Voici l’article de Lucie Hennequin paru à ce propos le 17 octobre dans le quotidien L’Orient-Le Jour.
Interpeller pour mieux faire passer le message. C’est la méthode qu’a choisie IndyAct, ligue d’activistes indépendants pour l’environnement, pour faire comprendre aux Libanais l’importance de la préservation de notre planète.
Rami Eid, la vingtaine, est acteur. Dans son grand cube de verre, il est imperturbable. Un fauteuil à roulettes, une télévision, un vase rempli de fleurs et une poubelle en plastique : l’espace qu’il habite, dont la surface ne dépasse pas les deux mètres carrés, ressemble à un salon, stylisé. Sur les parois, des messages, écrits de l’intérieur : « Je vois plus de cinq poubelles autour de moi, s’il vous plaît, utilisez-les et arrêtez de polluer votre propre mer. » De l’autre côté, on peut lire : « Si vous pensez acheter une voiture, achetez une hybride et n’hésitez même pas. »
Une vision du « dernier homme »
Au milieu de son « bocal », l’homme, les pieds dans l’eau, fait des gestes mécaniques. Il se lève, se rassoit, va pianoter sur son ordinateur, regarde son portable. La communication est impossible. Heureusement, à l’extérieur, d’autres activistes sont chargés de décrypter, pour les médias, le petit « happening ».
« L’homme dans le cube est censé endurer les conséquences du réchauffement climatique, explique Waël Hmaidan, directeur exécutif d’IndyAct. L’eau à ses pieds symbolise la montée du niveau des mers. Le haut du cube est ouvert, donc il est exposé à des températures élevées. Il est rationné en eau et en nourriture. » La petite saynète est donc supposée dresser le tableau du « dernier homme », vision apocalyptique du monde, « si aucune mesure n’est prise au cours des dix prochaines années », ajoute-t-il.
Un écho national
Car si l’action est anecdotique, son écho se veut national. « Les politiques au Liban et dans les pays arabes ne se sentent pas du tout concernés par la problématique du réchauffement climatique, se désole Waël Hmaidan. Il faut absolument qu’ils s’investissent dans les accords de Copenhague. »
Autour du cube, des curieux se pressent. Sans grande conviction. Certains, comme Jean, 20 ans, sont surtout amusés par la performance. « Il fait ça pour être célèbre ! On ne parle que de lui sur Facebook ! » s’amuse-t-il. Car Rami Eid, l’activiste dans le bocal, est tout de même connecté au monde extérieur : sur Twitter, il s’appelle « Man in the Cube ».

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