Le 16ème salon du livre francophone de Beyrouth s’est achevé le week-end dernier. Il est organisé par le syndicat des importateurs de livres au Liban en partenariat avec la Mission culturelle française. Aussi, je retrouve des stands connus comme celui de la librairie française « La Procure ». Les librairies libanaises sont également présentes comme la « Librairie Antoine » ou la « Librairie Orientale ».
J’assiste au lancement de la collection « Terres solidaires » par l’Alliance des Editeurs Indépendants (AEI). Elle repose sur le principe de « restitution » au Sud de textes littéraires écrits par des auteurs africains, publiés initialement dans les pays du Nord. Par le biais de la coédition solidaire et grâce à l’appui d’éditeurs français, des éditeurs en Afrique publient ainsi, à des prix les plus accessibles possibles pour le lectorat, des textes majeurs d’auteurs africains. Ce lancement se déroule en présence notamment de JMG Le Clézio, prix Nobel de littérature 2008 (je me souviens avoir étudié l’un de ses livres à l’école il y a fort longtemps !).
Je flâne dans les allées de l’exposition consacrée aux Schtroumpfs, à l’occasion de leur 50ème anniversaire. Je me souviens avoir dévoré ces albums empruntés dans la bibliothèque de mon quartier… L’exposition propose de découvrir la vie de Peyo, leur auteur, et un contenu ludique destiné aux enfants.
Mes coups de cœur du salon
A travers les différents exposants du salon, je saisis la richesse de la littérature libanaise en langue française. Et la cherté de ces livres importés, 10% de plus que le prix pratiqué en France ! J’oriente mes choix sur des livres proposant un aspect ou une vision du Liban. Voici ceux pour lesquels j’ai craqué.
- Dans la catégorie « Blog devenu livre » : « Jours tranquilles à Beyrouth » de Nathalie Bontems & David Hury
Ce livre est le recueil des billets que ce couple poste régulièrement sur le blog « Chroniques beyrouthines » depuis l’été 2006. Avec leurs talents de journalistes, ils abordent évidemment la politique (thème usuel dans un livre sur le Liban), et traitent aussi bien des administrations libanaises que de la production de cannabis ou de la conduite automobile. L’association de ces chroniques révèle et fixe, un peu comme dans le développement d’une photo argentique (je me souviens l’avoir pratiqué un peu !), le quotidien « ordinaire » des Libanais et ce pays que les auteurs affectionnent tant. J’apprécie les courts rappels des évènements de l’actualité. Au début, l’absence de liens entre les billets rend la lecture de ce livre assez déconcertante. Avec un petit effort, cette impression disparait au fil des pages.
- Dans la catégorie « Etude de mœurs » : « Une vie de pintade à Beyrouth » de Muriel Rozelier
La pintade est un sujet littéraire « à la mode ». Apres la pintade de New-York en 2004, celle de Londres en 2006, celle de Téhéran en 2007, celle de Paris en 2008, c’est au tour de celle de Beyrouth en 2009. La lecture des 35 pages du premier chapitre « Belles de jour… comme de nuit », avec ses conseils glamour et bons plans dans la capitale libanaise pour les cheveux, le maquillage, l’épilation et autre massage, me laisse dubitatif sur ma capacité à lire ce pavé de 400 pages. La lecture du deuxième chapitre me rassure. Changement de style complet tendant cette fois à la documentation sociopolitique et abordant les thèmes de la place de la femme en politique, les problèmes de transmission de la nationalité… Pour la suite, je pense picorer dans ce livre les chapitres qui m’intéressent, en fonction de mon humeur et de ma curiosité…
- Dans la catégorie « Roman graphique » : « Je me souviens Beyrouth » de Zeina Abichared
A 28 ans, elle signe là son quatrième roman graphique. Toujours dans le même style, en noir et blanc, qui rappelle celui de Marjane Satrapi, auteure de Persepolis. Cet opus débute par « Je me souviens qu’un jour ma mère nous a dit… » et s’achève par « Je me souviens de George Perec », clin d’œil au livre « Je me souviens » de cet écrivain. Entre ces deux pages s’enchaine une mosaïque de souvenirs de l’auteure, de son enfance et adolescence à Beyrouth, dans un Liban en guerre, jusqu’à son départ pour Paris en 2006. Avec une bonne touche d’humour, Zeina Abichared illustre le contexte de la guerre (comment sa mère souhaitait remplacer le pare-brise de la R12 qui volait en éclats à chaque fois qu’un obus tombait dans son quartier). Et la vie qui prend le dessus malgré tout (comment son coiffeur l’amochait dans son adolescence, comment son petit frère collectionnait les éclats d’obus). Avec elle, je me souviens du bruit des K7 quand on les secoue, de Grindayzer, plus connu en France sous le nom de Goldorak (vous vous rappelez de ce héros armé de fulguropoings !).
- Dans la catégorie « Multimédia » : « Lebanon in 360˚ HD » de Melkan Bassil
Ce DVD propose une quarantaine de visites virtuelles de sites libanais. Ceux célèbres comme le temple de Baalbek ou les grottes de Jeita. Et ceux moins connus (voire encore inconnus pour moi) comme Enfé ou le monastère d’Annaya, où repose Saint Charbel. Il est même possible de faire la rencontre des mauvais garçons de Tripoli ! Les visites sont aussi plaisantes à faire les unes que les autres. Alors si vous souhaitez soutenir ce projet, contactez-moi et je vous donnerai les coordonnées de Melkan Bassil. Petite explication technique pour la visite du sanctuaire ND de Harissa : un clic de souris sur la photo ci-dessous et vous voilà devant le paysage panoramique. Comme si vous y étiez ! Si vous voulez avoir un tour d’horizon complet, cliquez de nouveau, maintenez la touche de votre souris appuyée et tirez la souris vers la gauche, la droite, le haut ou le bas.
En conclusion, cette journée est sous le signe des « Je me souviens ». Combien en avez-vous compté dans cet article ? Si vous pensez à cinq ou moins, vous êtes loin du compte. Relisez l’article !


Indubitablement, un blog de grande qualité, et un contenu média très riche.
De ma France adoptive, je redécouvre (et souvent découvre !) plein de petits lieux magiques au Liban.
Nous vous suivons aussi avec beaucoup de plaisir, comme c’est ici le cas pour le salon de la francophonie, dans votre participation aux évènements et manifestations culturelles qui animent la capitale.