2009_07_27_039.jpgDans l’article Tripoli, Qadisha et forêt des cèdres de Bcharré dans un week-end (2/3), j’avais parlé de cette rencontre avec le Père Dario Escobar, ermite dans la Vallée Sainte. Quelle joie de découvrir dans le quotidien L’Orient- Le Jour du 19 octobre un article permettant de faire un peu plus sa connaissance !

Fils de riches Colombiens, le père Dario Escobar a quitté famille et fortune pour venir s’installer dans une vallée lointaine du Liban. C’est là où, depuis neuf ans, coupé du monde extérieur, il réalise son rêve : devenir ermite, rapporte Rana Moussaoui de l’AFP.

« Celui qui goûte à cette vie n’en voudrait pas d’autre », a affirmé à l’AFP cet homme de 75 ans, dans l’ermitage de Hawka, monastère en pierre construit dans une grotte de la vallée de Qadicha (Liban-Nord).

Surnommé « la Vallée des saints » en raison des nombreux couvents et ermitages qu’il abrite, ce territoire verdoyant est « le lieu idéal pour la prière et la solitude », explique le père Dario.

C’est au bout d’un sentier escarpé de plusieurs kilomètres qu’un promeneur peut parfois entrevoir la silhouette de l’ascète, qui fait l’effet d’une apparition.

« Ici, j’atteins une paix intérieure que je n’abandonnerai même pas pour la plus grande des fortunes », souligne cet homme aux yeux rieurs.

Pourtant, la richesse, le père Dario l’a bien connue.

« J’étais un homme fortuné », révèle l’homme à la barbe poivre et sel, le visage sillonné de rides. Originaire de la ville de Medellin (nord-ouest de la Colombie), il affirme avoir hérité de ses parents – niant au passage tout lien de parenté avec le célébrissime trafiquant de drogue Pablo Escobar, originaire de la même ville.

« L’argent ne m’a jamais rendu heureux, au contraire, il m’apportait des maux de tête. J’ai tout abandonné », souligne l’ermite, qui dit avoir « répondu à l’appel de Dieu ».

« Nous vivions dans une maison confortable, dans un quartier chic », ajoute-t-il, en référence à ses parents et à ses six frères et sœurs.

Mais il a préféré tout abandonner pour une vie d’ermite.

Un gros bloc de pierre en guise d’oreiller, un fin matelas couvert d’une plaque en bois, une croix, une bougie et un réveil-matin ornent la minuscule « chambre à coucher ».

« Je ne peux plus dormir sur un oreiller », lance l’ascète avec un grand sourire.

« Je mange ce que je cultive. Ce que je ne peux pas préparer ici, on me l’apporte du couvent », dit-il.

Au menu (exclusivement végétarien) : des haricots, des oignons, des pommes de terre cultivés dans un potager, visité parfois par les écureuils et les sangliers.

« Comme ermite, je vis dans la pauvreté absolue et je suis plus heureux comme ça », dit le père Dario, qui porte des soutanes usées.

« Sans journaux, sans téléphone, sans télévision, sans radio et, bien sûr, sans Internet ou Facebook ! » ajoute cet ancien professeur de théologie, de psychologie et de grec biblique.

Les randonneurs s’aventurant près de son ermitage sont, à part quelques moines, son unique contact avec le monde.

« Normalement, je ne parle à personne, mais parfois des gens, qui croient qu’un ermite connaît forcément l’avenir, viennent me demander : vais-je trouver un fiancé ? Du boulot ? »

Du monde extérieur, une ancienne passion continue de le fasciner : « le foot ! » avoue-t-il.

Mais son véritable quotidien, ce sont 14 heures consacrées à la prière, trois pour cultiver son jardin, deux à la lecture de livres uniquement mystiques et cinq pour dormir.

Dans son petit bureau, un crâne surplombe une bibliothèque fournie de livres sur la vie des saints. « C’est pour se préparer à la mort », explique le père Dario.

Dans cette vie de silence, il affirme n’avoir jamais senti de l’ennui. D’ailleurs, son mode de vie semble moins austère que d’autres.

« Il y a un autre ermite dans la vallée, mais lui ne parle jamais avec personne, depuis des années. »

Pour laisser un commentaire...

Les commentaires sont modérés et certains peuvent passer dans le filtre de spam. Ne vous inquiétez pas, je les vérifie un par un et les affiche après. J'encourage aussi ceux qui ne laissent jamais de commentaires à le faire, cela fait toujours plaisir ! Merci.

Laisser ces deux champs tels quels :