Je réduis souvent dans mes articles le club Vamos Todos à un club de randonnée. C’est un tort, car c’est un club d’écotourisme proposant :
- Des actions « écologiques » : nettoyage des plages de Tyr auquel j’ai participé, participation à une manifestation pour protéger le pont naturel de Kfardebian d’un projet de construction immobilière…
- Des séjours à l’étranger : Syrie, Jordanie, Turquie, Egypte…
- Des activités nautiques : sortie en speed boat, pêche de nuit, week-end kayak, week-end rafting…
- Des activités terrestres : ATV (autre nom du quad), spéléologie…
- Des diners dans des restaurants en hiver…

Aujourd’hui, je ne vais donc pas parler d’une randonnée mais plutôt d’une journée associant culture et relaxation à la plage. Elle a été proposée à plusieurs reprises cet été. J’ai participé la première fois en août et ai réitéré en octobre.

La Tour des Lions

Nous commençons notre journée par la visite de la Tour des Lions (Borj Es-Sba), un énorme cube de 28 m sur 21 situé dans l’agglomération de Tripoli. Son orientation dans la direction de La Mecque (écartement de 13 degrés par rapport au sud en direction de l’est) confirme que c’est une construction musulmane. Cette forteresse d’origine mamelouke fut édifiée en 1441-1442 par l’émir Julban pour surveiller le littoral et parer toute offensive turque. Elle est renforcée par des fûts de colonne encastrés dans les murs, caractéristique déjà rencontrée dans maintes constructions (Château de la mer à Saïda…). C’est le seul monument défensif resté du temps de cette dynastie.

En règle générale, l’intérieur de cet édifice ne se visite pas. Mais Johnny, notre guide tripolitain et architecte, nous en ouvre les portes. Derrière le grand portail orné de blocs noirs et blancs, cachet typique de la période mamelouke, nous accédons à une magnifique salle voutée. On y découvre les traces de peintures et blasons. L’accès sur la terrasse nous offre une vue sur le Mont-Liban d’un côté et le port de commerce de l’autre.

Voici une sélection de photos prises lors de mes deux visites de cette forteresse :

 

Au fil de l’eau

Nous rejoignons el Mina (le port en arabe) dans l’agglomération de Tripoli et embarquons à bord du bateau de la réserve. En octobre, nous faisons une halte à la sortie du port. L’un des deux militaires installés dans le poste de garde s’avance sur le ponton. Il énumère les prénom, nom et prénom du père des personnes préinscrites trois jours avant la sortie. Mark, le responsable de Vamos Todos, répond présent ou pas à chaque appel. La raison de ne pas amarrer le bateau au ponton m’échappe, est-elle sécuritaire, pratique… ? Le jeune capitaine préfère faire des ronds dans l’eau aux abords de celui-ci. Parfois, Mark est obligé de hausser la voix et de tendre l’oreille lorsque nous nous éloignons du ponton ou lorsque les manifestations de joie à bord deviennent trop sonores. Après cette litanie, le militaire pose un ensemble de questions auxquelles Mark répond de façon très brève. Cela ressemble à une liste de consignes que nous nous engageons à respecter. Ne pas comprendre l’arabe est parfois vraiment handicapant. Ouf, nous recevons l’aval du militaire !

Nous laissons le port derrière nous. Le rendez-vous n’est pas fixé dans le chapelet d’îlots (île Bakar, île Bellan…) proche du rivage, ouvert au public et accessible à pied, à la nage ou en bateau. Non, nous répondons à l’appel du large. La navigation d’une trentaine de minutes permet de découvrir au fil de l’eau poissons volants, méduses, goélands…

La réserve naturelle

La première île que nous approchons est l’île Sanani (4 ha), un rocher… jonché de détritus.

Ensuite, nous approchons de l’île Nakheel, l’île aux Palmiers, appelée aussi l’île Araneb, l’île aux Lapins (20 ha). Son nom vient du très grand nombre de lapins introduits sur l’île par les français afin de satisfaire leur passion de la chasse pendant le mandat français. Le rivage de l’île se décompose en deux parties, sablonneuse au nord-est et rocheuse ailleurs.

Puis nous approchons de l’île Ramkine, l’île au phare (1,6 ha). Ce rocher est effectivement équipé depuis les années 60 d’un phare permettant aux navires de repérer les îles ainsi que l’entrée du port de Tripoli. Il est aujourd’hui automatisé et alimenté par des panneaux solaires. Dans le passé, cette île a été utilisée à des fins militaires, comme en témoignent les plate-formes en béton érigées au début du 20ème siècle et encore visibles depuis la mer.

Pourquoi de telles précautions dans le port ? Ces trois îles, aujourd’hui inhabitées, sont reconnues réserve naturelle maritime et protégées par l’UNESCO depuis 1992. Située à 6 km au large de Tripoli, cette réserve s’étend sur 5 km2 environ et constitue une ressource scientifique naturelle et culturelle. La grande diversité biotique des îles et les conditions climatiques favorables à la vie en font un lieu de séjour et / ou de nidification des oiseaux résidents et migrateurs, un lieu de ponte pour les tortues marines (caouannes et tortues vertes). La faune et la flore marines y sont également bien représentées. Certaines espèces végétales en voie de disparition se sont acclimatées sur les îles. Par souci de protection des espèces animales, la réserve n’est ouverte au public que quatre mois par an, de juin à septembre. C’est pour cela qu’en octobre une autorisation spéciale était nécessaire.

3 réponses à “Visites de Tripoli et de l’île aux Palmiers (1/2)”

  1. Bonjour!

    Je viens de tomber sur cet article et il semblerait que tu connaisses bien le Liban !
    J’y vais bientot, j’aimerais visiter l’ile aux Palmiers, tu le conseilles?

    on ne trouve pas bcp d’info sur ce site.. ni comment s’y rendre.

    A bientot et merci de partager ton expérience

  2. Je conseille fortement la visite de ce lieu !

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  1. Visites de Tripoli et de l’île aux Palmiers (2/2)

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