Logo du marathon de Beyrouth 2009En 2009, le marathon de Beyrouth en est à sa 7ème édition. Quelque 32 000 coureurs se sont inscrits, ce qui constitue le record de la plus grande manifestation sportive jamais organisée sur le sol libanais. Il faut dire que de nombreuses affiches étaient disséminées dans le pays pour rappeler que les inscriptions étaient closes le 15 novembre.

Le marathon est connu pour l’épreuve reine du 42,195 km, commémorant la distance de Marathon à Athènes (à peu près 40 km) parcourue par le messager grec Phidippidès pour annoncer la victoire contre les Perses en 490 av. JC. Le marathon de Beyrouth propose bien évidemment cette épreuve mais également le 5 km pour les 9-17 ans, le 5 km pour les handicapés mentaux, le 10 km appelé « Fun Run » pour les plus de 9 ans, le 10 km appelé « Hospitality Relay » pour les plus de 18 ans et le 10 km sur chaise roulante. Vous n’arrivez pas à suivre ? Et bien moi non plus !

Sesobel s’aligne sur l’épreuve du 5 km

Petit rappel sur le lien entre les associations Sesobel et Anta Akhi. Yvonne Chami a créé Sesobel en 1976 pour accompagner des enfants atteints de handicap physique, handicap mental, polyhandicap et autisme. Puis elle a fondé en 1992 Anta Akhi qui est un milieu familial pour adultes. L’objectif de ces deux associations est d’accompagner les personnes atteintes de handicap, de la naissance jusqu’à la mort. En 2010, je présenterai plus en détail ces deux projets.

Carte des épreuves 5 km et 10 kmSesobel participe cette année pour la troisième fois au marathon de Beyrouth et s’engage sur le 5 km pour les handicapés mentaux, épreuve que je découvre ici au Liban. C’est une réelle occasion de faire connaître l’association au plus de monde possible. Il me semble qu’en plus Sesobel reçoit des promesses de dons d’entreprises pour chaque kilomètre parcouru. Merci à elles.

Pour faire connaître l’association, il faut être repérable dans la masse des sportifs présents pour l’évènement. Rien de mieux que des tenues avec le logo ou le nom de Sesobel. Des ballons bleus avec le logo de Sesobel (j’avais accroché plusieurs ballons à mon sac à dos, j’avais ainsi les mains libres pour faire des photos !). Des chapeaux en carton confection maison avec le nom de Sesobel. Une banderole « Live your dream… Run – Run for victory, run for dream, run for our children – Run for Sesobel » (Vis ton rêve… Cours – Cours pour la victoire, cours pour le rêve, cours pour nos enfants – Cours pour Sesobel). Des chants pour lesquels je ne comprends que « Sesobel ». Bref, nous ne passons pas inaperçu… Le pari est gagné !

Nous passons sans encombre le premier poste de contrôle filtrant ceux qui ne détiennent pas de dossard. Nous marchons un peu et arrivons cette fois face à des portiques de sécurité, similaires à ceux des aéroports, et tenus par des militaires. Evidemment, un bip retentit lors de mon passage. Un militaire procède à une fouille au corps. Puis il m’invite à ouvrir les fermetures éclair de mon sac à dos, celle du compartiment appareil photo, celle du compartiment effets personnels et celle du compartiment ordinateur portable. C’est la première fois que je reçois l’injonction de prendre une photo. Je sors mon reflex et le dirige sans le faire exprès dans sa direction. Il me fait comprendre un peu agacé « Pas de moi !! ». Je m’exécute sans trop me faire prier. Le militaire m’autorise finalement à continuer mon chemin.

Marche d’un pas allègre sous la pluie

Nous arrivons sur la ligne de départ désespérément vide de concurrents. Mais où sont les autres participants ? J’apprends que le départ de l’épreuve a été donnée plus de quinze minutes avant notre arrivée. Ce n’est pas cela qui nous arrête. Nous nous élançons à la poursuite des autres compétiteurs.

Nous marchons dans les rues du centre-ville de Beyrouth. Sans concurrents à portée de vue. Sans spectateurs sur les bords de la route pour nous encourager. Avec des militaires placés tous les 100 mètres le long du parcours et parfois lourdement armés (l’un d’entre eux avait une sorte de fusil lance-roquette anti-char). Avec des agents de sécurité à la porte de banques et autres bâtiments.

Avec la pluie et les éclaircies. Cette année, les enfants de Sesobel sont moins nombreux que prévu à participer. Beaucoup ne peuvent pas se permettre de sortir par un temps pluvieux et froid. Parfois nous rabattons notre capuche sur la tête, parfois nous la relevons.

Rien n’est de nature à gâcher cette magnifique fête sportive. Nous sommes tous enthousiastes, les jeunes comme Marcelino, Jad ou Suzanne et les accompagnateurs. Ces derniers entonnent des chants en arabe, en français, comme « 1 kilomètre à pied ça use ça use… ». Ils improvisent aussi une dabkeh, la danse libanaise. Lorsque nous croisons les musiciens d’une fanfare au repos sur la corniche, nous leur demandons de jouer un morceau pour nous encourager, ce qu’ils s’exécutent de faire. Nous les écoutons un peu puis repartons.

Etant donné notre retard, nous décidons de prendre un raccourci. Nous passons sous les rubans roses servant au balisage du parcours, marchons plusieurs centaines de mètres, puis réintégrons le parcours de l’épreuve. Objectif partiellement atteint, nous rejoignons quelques autres concurrents. A l’approche de la ligne d’arrivée, les spectateurs se font de plus en plus nombreux. Juste avant la ligne, le présentateur de l’évènement vient à notre rencontre, nous posons pour des photographes professionnels. Et enfin, nous franchissons avec fierté la ligne d’arrivée.

Nous avançons dans une sorte de goulet entre deux camions. Un sac, comprenant notamment un T-shirt personnalisé pour le marathon, est offert à chaque participant. En principe, nous devons aussi recevoir une médaille. Mais nous sommes arrivés tellement en retard qu’il n’y en a plus. Il parait qu’on va nous l’envoyer. J’attends !

Je suis très satisfait de cette journée pour plusieurs raisons. Tout d’abord pour avoir participé à un marathon, de surcroît avec les jeunes de Sesobel. Mais aussi pour avoir fait un peu plus connaissance avec le personnel de Sesobel.

Les autres épreuves

Tandis que le président de la République, Michel Sleiman, se contente de donner le coup d’envoi des 10 km « Fun Run », le Premier ministre, Saad Hariri, a enfilé le short et effectue un kilomètre de footing à grande vitesse. Ce dernier doit faire aux paparazzi à ses trousses et aux agents de sécurité qui peinent à le suivre. De nombreuses autres personnalités participent également à la course, comme le ministre de l’Intérieur, Ziyad Baroud, le ministre de la Jeunesse et des Sports, Ali Abdallah, le ministre de l’Environnement, Mohammad Rahhal, le député Nadim Gemayel. La chanteuse Haïfa Wehbé assure de son coté la touche glamour de l’événement.

Comme chaque année, la course 10 km « Fun Run » regroupe des ONG qui brandissent des panneaux pour leurs causes respectives, des comités d’entreprise affichant des slogans divers, des militants de Greenpeace, des représentants du centre de Khiam contre la torture, des activistes d’une association de lutte contre les mines dans le Sud, etc… Des déguisements plus ou moins saugrenus complètent ce tableau coloré et festif.

Pour ce qui est des résultats, l’Éthiopien Mohammad Hussein remporte l’épreuve en 2h16’12’’, devant le Kényan Eston Ngiar et son compatriote Abraham Belete. Même ordre d’arrivée des nations chez les dames. L’Éthiopienne Mihret Begna décroche la première place en 2h42’41’’, devant la Kényanne Jakline Nayngeri et sa compatriote Sisay Arsedi. Au Liban, Éthiopie rime quasiment instantanément avec « personnel domestique étranger » ou « femme de ménage ». Mais pendant le marathon de Beyrouth, ce pays s’illustre autrement qu’en tant que fournisseur de personnel domestique !

 

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