Le quotidien L’Orient-Le Jour a publié le 12 novembre dernier une initiative à saluer. Voici l’article de Patricia Khoder.
Il y a environ dix ans, Josyane Boulos, directrice associée d’Urbanart, travaillant dans le domaine des médias et de l’organisation d’événements, a fondé une association destinée aux enfants aux besoins spéciaux. Al Majal, financée par l’Association de Beyrouth pour le développement et siégeant à Badaro, est le premier centre au Liban qui s’occupe des loisirs de ces enfants souffrant de trisomie 21, d’autisme ou de retards mentaux.
Josyane Boulos a été motivée par la situation de sa fille, Valérie, enfant aux besoins spéciaux. « Pour ses loisirs, Valérie n’avait nulle part où aller. Elle n’avait pas d’activités parascolaires comme les autres enfants », affirme Josyane. « Quand j’ai su que ma fille avait un problème, j’ai eu une réaction normale, celle de tous les parents confrontés à ce genre de situation : pourquoi moi ? Et puis en pensant à fonder Al Majal, j’ai su que je pouvais contribuer à changer les choses. Auparavant dans les écoles spécialisées, les loisirs ne figuraient pas au programme, cela a changé actuellement. Nous avons été les premiers à lancer les loisirs pour enfants spéciaux », raconte-t-elle.
« Avant Al Majal, ma fille n’avait pas de loisirs, je me contentais de l’amener avec moi au supermarché. Les choses ont changé avec l’ouverture du centre », ajoute Josyane, se souvenant d’un garçon autiste qui, grâce aux activités d’Al Majal, a réussi à chanter, devant tout le monde, lors d’une représentation donnée au centre le jour de la fête des Mères. « Les enfants spéciaux n’ont pas de problème avec la société, c’est la société qui a un problème avec eux, qui pose un regard différent sur eux », martèle-t-elle.
À Al Majal, les enfants et les adultes viennent les après-midi, de 16 heures à 18 heures durant les jours de la semaine, et les samedis avant-midi, et prennent part à des colonies de vacances en été. Ici, les enfants et les adolescents aux besoins spéciaux, âgés de cinq à quinze ans, viennent chanter, dessiner, danser, faire du théâtre, de la poterie, des collages et autres travaux manuels, prendre part à des cours de cuisine… Les samedis, ce sont surtout des activités sportives qui sont prévues. Ainsi, il y a des cours de natation au Collège Notre-Dame de Jamhour ou encore des cours d’équitation. Des excursions sont souvent organisées. Les enfants et les jeunes sont aussi initiés à l’utilisation de l’argent, à l’environnement, à l’éducation civique également.
Majalouna
Valérie fréquente régulièrement le centre. Elle a appris à chanter juste et à jouer de la musique, notamment de l’harmonica. Dans la joie, elle répète par cœur les chansons françaises de notre enfance et marque le rythme en tapant des mains. Elle explique également comment le prof de musique les accompagne à la guitare. Valérie suit aussi les cours de Majalouna.
Au fil des ans, Al Majal s’est agrandie. Ainsi, depuis quelques mois, le centre a déménagé dans un local plus grand à Badaro. Les anciens locaux servent désormais à accueillir les jeunes adultes, qui, dans le cadre d’un programme intitulé Majalouna, devraient, dans les mois à venir, tenir une boulangerie.
Projet professionnel et pédagogique, Majalouna accueille des adultes aux besoins spéciaux âgés entre 15 et 40 ans. Le projet qui a vu le jour il y a trois ans a été financé par le Fonds koweïtien pour le développement et a pour but de responsabiliser et rendre autonomes financièrement ces personnes. Il vise à préparer les jeunes à travailler en tant que professionnels dans la boulangerie d’Al Majal, et ce en acquérant les compétences nécessaires à la préparation de différents genres de pain et de viennoiseries.
Le projet enseigne aussi la lecture, l’analyse de texte, la comptabilité, l’éducation civique et les langues française ou anglaise. En plus, plusieurs pratiques particulières sont offertes par ce projet, à savoir l’usage de la monnaie, l’hygiène, la lecture du temps et des quantités, l’art culinaire, la préparation du pain et l’acquisition des compétences d’organisation.
Le projet assure également différentes thérapies, à savoir la thérapie psychomotrice, l’ergothérapie et la psychothérapie.
Antoine Chartouni est chef du projet Majalouna. Il explique que « le projet est polyvalent » et que « les jeunes et adultes aux besoins spéciaux seront certes encadrés par des professionnels, mais que ce sont eux qui seront chargés de l’accueil, du nettoyage des lieux, de la caisse et de la cuisine ». Il précise que « les jeunes travailleront par rotation et qu’il leur faut du temps pour apprendre ». « Une équipe, formée notamment d’une ergothérapeute, d’une psychomotricienne, d’une orthophoniste, d’une éducatrice spécialisée, d’une éducatrice/accompagnatrice, d’un chef cuisinier et d’un sous-chef, encadre les jeunes qui sont en train d’apprendre un métier », ajoute-t-il.
Marwan fréquente les cours de Majalouna. Il raconte qu’il est très content à Al Majal. « Je m’amuse et j’apprends en même temps », confie-t-il. Marwan suit les cours de cuisine dispensés au centre. « Une fois, j’ai essayé une recette à la maison, des pâtes sauce tomate. C’était bon, tout le monde en a mangé », dit-il satisfait. « J’apprends aussi à compter l’argent. Je fais des sortes de maths en convertissant les grammes en kilogrammes par exemple. J’apprends l’anglais aussi », ajoute-t-il.
Une garderie baptisée Al Majal junior devrait également, dans les mois à venir, accueillir des enfants spéciaux âgés entre un an et demi et cinq ans.
Le centre reçoit quarante enfants et adultes par an.
Pour plus d’informations, contacter Esther Bou Antoun, coordinatrice d’Al Majal, aux 01/386481 – 03/622354, ou Antoine Chartouni, chef du projet Majalouna, au 03/571954.

j adresse ce petit mot a JOSY ,maman de Valerie qui n est autre que ma cousine :ce que tu as fait et continues d entreprendre est formidable et surtout courageux . tu n as pas baisser les bras mais as agi pour le bien etre et l epanouissement de Valerie et des autres en creant MAJAL qui offre des possibilites auparavant inexistantes dans notre pays .IL est certain que ta detemination et ta perseverance est un EXEMPLE A SUIVRE .Se lamenter sur le sort d un enfant presentant un quelconque handicape NE LUI SEVIRA STRICTEMENT A RIEN sinon a agraver les choses sur tout les plans..IL FAUT AGIR .Que toutes les mamans confrontees a des situations similaires en fassent autant ! Mon fils etant dysorthographique devra changer d etablissement scolaire pour un lycee qui prend en consideration ses difficultes a l ecrit . malgres l existance au Liban d ecoles de renom qui prennent en charge des cas de dys ;j ai commence ma bataille .IL me semble inadmissible qu au xxl siecle certaines ecoles libanaises dont celles homloguees a la France ne veuillent pas se deranger a instituer leurs droits ( RECONNUS PAR LE MINISTERE DE L EDUCATION LIB.)aux eleves dys. Je commence deja par notre propre college que helas mon fils devra quitter. Ceci servira a d autres tot ou tard ! J espere que d autres mamans seront encouragees a se battre aussi , en attendant le glorieux jour ou L ETAT LIBANAIS DONNERA SES DROITS A TOUT CITOYEN LIBANAIS puisqu c est le role premier d un gouvernement qui se respecte ..