Le Samedi Saint, le Pâques ambulant
Le Samedi Saint est un jour d’attente entre la mort de Jésus le vendredi et sa résurrection le dimanche.
Comme l’année passée, nous prenons la route, accompagnateurs et volontaires, pour rendre visite aux jeunes d’Anta Akhi qui célébreront le Dimanche de Pâques en famille. La rencontre s’articule dans chacune d’entre elles autour de la lecture d’un texte biblique, du partage d’intentions de prière, de la distribution de la communion par le prêtre qui nous accompagne et par un petit temps festif. C’est toujours avec la même joie que je participe à ces moments privilégiés dans les familles.
A midi, c’est la rupture du jeune pour certains. Aux « Al Masih qam ! » (« Le Christ est ressuscité ! ») lancés par l’un, nous autres répondons « Haqan qam ! » (« Il est vraiment ressuscité ! »).
Le Dimanche de Pâques, la messe de la Résurrection
En ce dimanche, nous accueillons la grande lumière de Pâques. Nous célébrons le mystère de la Résurrection du Christ, son triomphe sur le mal et sur la mort.
Il est 5 heures du matin, les portes de l’église saint-Georges à Dbayeh s’ouvrent. Avec de nombreuses familles, habitants du seul camp de palestiniens chrétiens au Liban, nous entrons pour assister à la messe de la Résurrection. Le contraste avec l’église saint-Paul de Harissa, autre église de rite grec-catholique, est saisissant. Les riches mosaïques du plafond en forme de dôme et des murs laissent place ici à la blancheur du plafond plan et des murs.
Le père André nous invite à sortir par une porte latérale, puis à aller en procession autour de l’église jusqu’à la porte principale qui est fermée. Alors qu’il fait encore nuit, il frappe trois fois à la porte de l’église avec le montant de la croix. La porte s’ouvre, il pénètre dans l’église, suivi des fidèles, pour célébrer la messe.
Les jeunes de la paroisse nous proposent au cours de celle-ci une petite pièce de théâtre mettant en scène Jésus, Marie et Jean. Elle est inspirée de la chanson de Joumana Mdawar « Dialogue entre Jésus et Marie », dont vous trouverez les textes traduits ici et la musique ci-dessous :
Le Dimanche de Pâques, la tradition des oeufs et des maamouls
La rupture du jeûne du Carême s’effectue progressivement. Le retour à la normalité alimentaire commence avec les oeufs durs et colorés. Symboles de victoire sur la mort, ils nous sont offerts à la fin de la messe. Je suis stupéfait de voir certaines personnes refuser un oeuf d’une couleur généralement associée à un parti politique ! Des duels sont alors organisés. L’un tient l’oeuf dans le poing fermé, la tête dépassant de moitié tandis que l’autre vient frapper cette tête avec l’oeuf qu’il tient dans sa main. Celui dont l’oeuf reste intact a le droit de taper sur la deuxième face, etc. Le gagnant est celui qui a gardé une ou les deux faces intactes. Conséquence inéluctable du jeu, nous mangerons des oeufs pendant plusieurs jours après Pâques !
Le retour à la normalité alimentaire se poursuit avec les maamouls, ces petits gâteaux de semoule farcis de pistaches, d’amandes, de noix ou de pâte de dattes. Leur confection exige des moules en bois dédiés exclusivement à cette recette. Ils permettent de reconnaître d’un coup d’oeil (ce qui n’était pas mon cas !) le contenu du gâteau. S’il est rond et conique, c’est qu’il s’agit d’un maamoul aux noix ; s’il est rond mais aplati, c’est qu’il est farci de dattes ; s’il est allongé, c’est qu’il est aux pistaches… Ces gâteaux sont traditionnellement offerts dans les familles chrétiennes aux visiteurs qui viennent présenter leurs voeux à l’occasion de cette fête. Invité pour le café à la fin de la messe, je déguste avec délectation mes premiers maamouls. Ce sont les premiers d’une série qui durera une dizaine de jours après Pâques. Tant pis pour la ligne ! Carpe Diem…

C’est le sourire aux lèvres que je lit vos aventures pascales.Merci,pour l’anecdote des maamouls,je ne savait pas que le contenu se reconnaissait avec le contenant!