Deux moments forts ont lieu à Anta Akhi en ce 24 décembre, le Noël ambulant et la veillée.
Le Noël ambulant
Cette initiative est analogue dans sa forme à celle de Pâques ambulant à laquelle j’ai participé en avril dernier. Quatre circuits sillonnent les régions de Beyrouth, de Jbeil, du Metn et du Kesrouan. En tout, une cinquantaine de personnes (accompagnateurs et personnels d’Anta Akhi, volontaires et prêtres) visitent une trentaine de jeunes d’Anta Akhi qui fêteront Noël en famille. Dans chaque famille, nous prenons un temps de prière avec la lecture d’un passage de la Bible, des intentions de prière et la communion délivrée par le prêtre. Ensuite, nous prenons un temps festif avec des chants et la distribution de cadeaux par le père Noël. Cette visite des jeunes d’Anta Akhi dans leur cadre familial est pour moi pleine de sens, nous nous réjouissons ensemble, la grande famille d’Anta Akhi, de la naissance du Christ. Toutes les familles visitées n’ont pas les mêmes ressources financières. Les conditions de vie précaires de l’une d’entre elles m’ont profondément marqué. Malgré cela, je trouve le visage de la maman lumineux. Quel message !
Dans notre circuit, nous prolongeons cette fête en criant à travers la fenêtre du véhicule des « Joyeux Noël ». Cela suscite des réactions différentes, allant de l’indifférence de certains à des sourires chez d’autres personnes. Nous offrons aussi des bonbons et petits cadeaux aux enfants et plus grands rencontrés au fil de notre parcours. C’est aussi ça Noël, non ?
La veillée de Noël
Notre veillée débute avec un dîner très simple, composé notamment de poulet, de hommos et de tabbouleh. La dépense pour celui-ci est très probablement moindre que les 214 dollars annoncés pour 4 personnes dans l’article du quotidien L’Orient-Le Jour. En fait, ce repas, comme tous les autres le reste de l’année, ne coûte rien à Anta Akhi. L’association ne vit que de dons alimentaires, j’aurai probablement l’occasion d’en reparler un jour.
Ensuite, nous prenons un long temps d’adoration. Les temps de silence sont entrecoupés des paroles d’Yvonne la fondatrice et responsable, des intentions des uns et des autres. Puis, le prêtre, accompagné de Carole, dépose Jésus dans la crèche. C’est le début de la messe.
Après la célébration, nous dégustons la bûche de Noël mais aussi le moughli (à prononcer mourli). C’est un dessert traditionnel au Liban. Il est préparé dans une famille pour fêter une naissance et est servi aux personnes qui viennent féliciter les heureux parents. Le moughli est un entremet à base de riz et d’épices (cannelle, carvi, anis). Il se sert avec des fruits secs, pignons, raisins sec, pistaches, amandes et coco rapé.
Cette soirée se poursuit par un moment de fête, occasion pour Yvonne d’offrir des petits cadeaux au personnel présent et aux jeunes. Comme pour la nourriture, ces cadeaux ne sont pas achetés mais le fruit de la collecte de Yvonne auprès d’amis d’Anta Akhi. Quelle bonheur de voir les uns et les autres ouvrir leur cadeau. A Noël, chacun redevient un peu un enfant ! Cette fête se poursuit par des danses et par certains jeunes, habituellement en fauteuil, portés en hauteur à la force des bras des accompagnateurs. Tout le monde est ravi, moi aussi.

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