« Je voudrais parcourir la terre ». Parole prophétique de Thérèse de Lisieux puisque les reliques de la sainte ont parcouru en une quinzaine d’années des milliers de kilomètres sur les cinq continents. Partout, elles sont accueillies avec le même recueillement, la même ferveur et la même allégresse. Les 77 jours passés au Liban en 2002 n’ont pas fait exception.
En 1927, le pape Pie XI proclame sainte Thérèse « Patronne Universelle des Missions ». La même année, il demande à ce qu’un petit sanctuaire soit bâti pour elle dans la cour extérieure du Couvent de Louaizé à Jeita. Dans la foulée, un couvent et une église sont construits en son nom dans le village de Shailé. En 1986, un sanctuaire y est bâti en son nom et abrite aujourd’hui en permanence une infime partie de ses reliques.
Ce couvent sainte Thérèse de Shailé n’est qu’à une demi-heure de marche de Anta Akhi (le temps de marche est l’unité de référence des volontaires DCC pour les distances car ils n’ont en général pas de voiture !). Aussi m’arrive-t-il parfois d’aller me recueillir devant les reliques de la petite Thérèse.
Nombreux sont les libanais qui viennent vénérer les reliques de leur sainte de prédilection après la Vierge Marie. Pendant quelques instants, enfants, jeunes, adultes et aînés se recueillent en silence pour remercier sainte Thérèse, lui ouvrir leur cœur et déposer dans le sien leurs fardeaux, leurs joies, leurs peines, leurs espérances. Ils touchent le couvercle en plexiglas du reliquaire, se signent, déposent parfois des pétales de fleurs ou de petits bouquets, puis quittent le sanctuaire.
Chaque lundi soir, le chapelet suivi d’une messe et d’un temps d’adoration font église comble au couvent sainte Thérèse. La chorale Sancta Maria donne de la couleur à des chants en arabe, anglais et français, et insuffle l’envie de se recueillir. Je vous laisse découvrir quelques uns des chants sur l’ancien site de cette chorale.
Ces derniers mois, il m’a été donné d’admirer une église embellie, avec la fin des travaux, l’installation d’écrans de télévision pour suivre les chants… Cette église me plait, surtout son autel en forme en barque et sa fresque représentant le passage biblique de la tempête apaisée :
Ce jour-là, le soir venu, Jésus leur dit : « Passons sur l’autre rive. » Et laissant la foule, les douze apôtres l’emmènent, comme il était, dans la barque ; et il y avait d’autres barques avec lui. Survient alors une forte bourrasque, et les vagues se jetaient dans la barque, de sorte que déjà elle se remplissait. Et lui était à la poupe, dormant sur le coussin. Ils le réveillent et lui disent : « Maître, tu ne te soucies pas de ce que nous périssons ? » S’étant réveillé, il menaça le vent et dit à la mer : « Silence ! Tais-toi ! » Et le vent tomba et il se fit un grand calme. Puis il leur dit : « Pourquoi avez-vous peur ainsi ? N’avez-vous pas encore de foi ? » Alors ils furent saisis d’une grande crainte et ils se disaient les uns aux autres : « Qui est-il donc celui-là, que même le vent et la mer lui obéissent ? » (Évangile selon saint Marc, chapitre 4, versets 35-41, traduction « La Bible de Jérusalem »)
Souvent, il m’arrive de méditer cette fresque, de m’imaginer dans la scène, de me laisser toucher par un personnage. Et parfois, un détail que je n’avais pas vu auparavant se laisse découvrir…

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