Presse – Bâtiments « verts » : campagne pour des constructions plus écologiques
Saviez-vous que 40 % de l’énergie dans le monde est consommée dans les bâtiments ? La tendance vers des « constructions vertes », ces bâtiments qui consomment bien moins d’énergie, voire qui en produisent, commence à s’imposer dans le monde. Le 12 janvier dernier dans le quotidien L’Orient-Le Jour, Suzanne Baaklini pose la question suivante : À quand le tour du Liban ?
Au Liban, la question des constructions écologiques n’a pas encore fait son chemin dans les mentalités, sauf dans des cas très rares. Et pourtant, cette tendance mondiale se confirme. Un groupe d’ingénieurs bien informés sur les nouvelles techniques a décidé de fonder une association dont l’objectif sera de sensibiliser les différents acteurs de l’immobilier – de l’ingénieur, au promoteur et même au client – au respect des critères écologiques. C’est ainsi que le Conseil du Liban pour les bâtiments verts (LGBC) a vu le jour.
Samir Traboulsi, président du LGBC, explique qu’il faut suivre la tendance mondiale des bâtiments verts, où il est possible d’économiser de l’énergie et de l’eau, et où les matières utilisées sont amies de l’environnement et bénéfiques pour la santé humaine.
Que veut dire exactement « bâtiment vert » ? « Pour qu’un bâtiment réponde à cette appellation, il doit être conforme aux normes écologiques dès sa conception, explique M. Traboulsi. Il faut qu’il y ait une coopération entre l’ingénieur et l’architecte pour décider des moindres détails : emplacement, orientation, matériel utilisé, moyens d’installation des équipements et leur utilisation future… Cette tendance doit englober toutes les étapes de la construction, jusqu’au finissage. »
L’emplacement de la construction doit déjà répondre à des critères précis. « L’accès du bâtiment doit être facilité d’une façon ou d’une autre, souligne M. Traboulsi. Il peut être proche de stations de transports publics, de routes principales, etc. Cela réduit les transports et donc la consommation d’énergie. » L’orientation est également un point crucial. « Si, à titre d’exemple, un bâtiment est orienté de façon à être exposé au soleil tout le temps, il sera difficile de réduire la consommation liée à la climatisation, explique-t-il. Si ses fenêtres sont orientées vers le Nord, l’exposition sera moindre et le besoin en climatisation aussi. C’est crucial au Liban où, sur le littoral, nous avons davantage un besoin de climatisation que de chauffage. »
Un bâtiment bien isolé est de toute évidence plus écologique. « Le double vitrage est un élément essentiel de cette isolation, poursuit M. Traboulsi. Sur le toit, il est nécessaire d’étendre une matière isolante comme le polystyrène, et de placer au-dessus du gravier, qui protège et reflète la lumière. Pour ce qui est de l’enveloppe extérieure, il est recommandé qu’elle soit plus épaisse, avec deux murs de dix centimètres chacun, séparés par cinq centimètres de vide, pour bloquer l’énergie et la chaleur. Aujourd’hui, l’ordre des ingénieurs a décrété que si cette règle est appliquée, les promoteurs auront un avantage sur la zone d’exploitation. C’est une bonne motivation. »
Pour ce qui est de la consommation d’énergie, il évoque le problème du chauffage de l’eau. « De ce point de vue, le chauffe-eau solaire s’impose, surtout dans un pays où il y a autant de soleil que le nôtre, dit-il. Il y a même une possibilité d’installer des panneaux photovoltaïques pour la production d’électricité. »
Enfin, les matières plus écologiques sont aussi profitables d’un point de vue environnemental que sanitaire. « Aujourd’hui, certaines peintures, à titre d’exemple, dégagent des matières chimiques qui peuvent nuire à la santé, explique-t-il. Si l’architecte possède des informations sur certaines matières non nuisibles, il est préférable qu’il les utilise. »
« Zéro énergie »
« En 2020, le concept de bâtiments zéro énergie sera appliqué dans le monde, assure M. Traboulsi. Vu qu’il est estimé que 40 % de l’énergie consommée dans le monde va dans le bâtiment, on comprend l’intérêt de constructions plus économiques dans la consommation d’énergie, voire générant leur propre énergie de façon à devenir neutres. Dans de tels bâtiments à l’enveloppe très isolante, il n’y aura plus besoin d’acheter de l’énergie à l’État, il sera même possible de lui en vendre. »
Mais pour l’instant, construire « vert » reste plus cher. « Il est vrai que ces produits et ces installations demeurent plus coûteux actuellement, reconnaît M. Traboulsi. Mais ils ne sont pas beaucoup plus chers, d’autant plus que sur la durée, ils restent beaucoup plus rentables, autant par l’absence d’effets négatifs sur la santé que par l’économie d’eau et d’énergie réalisée. En gros, toutes ces améliorations coûtent seulement jusqu’à 6 % de plus, ce qui n’est pas énorme. »
Ce qu’il ne comprend pas cependant, c’est le manque d’encouragement de la part de l’État envers l’installation de chauffe-eau solaires, ce qui lui semble être une évidence vu notre climat. « Il est vrai qu’il faut payer ces chauffe-eau, mais la facture d’électricité ou de mazout baissera considérablement, affirme-t-il. L’État pourrait prendre des mesures fiscales qui encourageraient les Libanais à en installer chez eux, comme l’exemption de taxes sur ces produits. Ça a marché à Chypre, pourquoi pas chez nous ? Or le Liban continue d’ignorer cette piste, comme s’il n’existait aucune pénurie d’électricité dans le pays. »
L’ingénieur précise qu’il y a aujourd’hui certaines initiatives au Liban, mais rien de global. Comment savoir si un bâtiment est vraiment « vert », surtout si on est acheteur ? « Il faut introduire un système de crédits, estime-t-il. Par exemple, s’il y a un double vitrage, un certain nombre de crédits est accordé. Et ainsi de suite. »
Les anciens bâtiments peuvent-ils devenir « verts » ? « Il y a beaucoup de choses qui peuvent être améliorées, assure M. Traboulsi. On peut ajouter un double vitrage, utiliser des lampes à basse consommation, acheter des équipements électroménagers plus efficaces, installer un chauffe-eau solaire… Évidemment, pour ce qui est de l’emplacement ou de l’orientation, on ne peut pas modifier grand-chose. Mais il reste possible d’apporter des améliorations : dans un bâtiment mal orienté, on peut ajouter des pare-soleil sur les fenêtres, par exemple. »
Chartes et lois
Qui sont les fondateurs du LGBC ? « Nous sommes dix ingénieurs et architectes qui se sont rassemblés autour de l’idée des bâtiments verts, indique M. Traboulsi. Nous sommes d’une part bien informés sur ce qui se passe dans le monde, et d’autre part très conscients de la situation énergétique au Liban. Notre but est de sensibiliser les Libanais à ces notions. »
M. Traboulsi évoque un projet en trois étapes. « Nous voulons en premier définir des standards « libanisés » mis à la disposition des architectes, explique-t-il. Nous chercherons, évidemment, l’approbation de tous les acteurs de ce secteur, afin qu’il n’y ait pas d’opposition qui entraînerait une non-application de ces mesures. Il y aura aussi une coordination avec Libnor. En deuxième plan, nous préparerons, dans les deux années à venir, un système d’évaluation fondé sur ces standards. Enfin, nous aspirons à transformer ces deux premières étapes en projets de lois, discutés avec les autorités concernées. C’est là qu’il sera possible d’instaurer un système de classification des bâtiments. »
Puisque les membres du LGBC sont eux-mêmes des ingénieurs et des architectes, appliquent-ils déjà ces concepts dans les projets dont ils ont la charge ? « Nous dépendons malheureusement de la volonté du promoteur, qui est souvent le plus difficile à convaincre, explique-t-il. Mais il est crucial qu’il entre dans le jeu. Si tout le monde est convaincu de l’importance du « vert », l’objectif sera atteint, mais il ne faut pas que ce soit aux dépens de l’acheteur, soit par une grande différence de prix soit par des campagnes de publicité qui serviront d’appât, sans vérification systématique. D’où l’importance des règles et des lois. »
Croit-il en l’avenir du « vert » ? « Je crois que le public est de plus en plus sensibilisé, en raison de plusieurs facteurs, estime M. Traboulsi. La hausse du prix du pétrole, les voyages de plus en plus fréquents des Libanais qui s’ouvrent à ce qui se passe à l’étranger sont de bonnes bases pour nos campagnes. »
Comment comptent-ils financer l’association ? « Dans un premier temps, nous prélevons des frais de nos membres, explique-t-il. Nous ouvrons aussi la voie à des « gold members », qui pourraient être des individus ou des sociétés, capables de financer l’association de manière plus substantielle. Mais cela ne signifie pas que nous accepterons de compromettre notre indépendance, d’où le fait que nos choix seront prudents, et que toute contribution sera limitée à 5 000 dollars maximum. Nous voulons aussi mettre au point un projet de « toits verts », aux multiples bénéfices en milieu urbain. »
Il ajoute que le LGBC est ouvert à des personnes d’horizons différents, à condition qu’elles soient intéressées par le domaine. Pour plus de détails, il est possible de consulter le site Internet www.lebanon-gbc.org.
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Presse – « Les proverbes de ma mère » de Hana Naaman, ceux de tout le Liban !
Les proverbes, fondés sur la tradition et transmis oralement, sont révélateurs de l’âme d’un peuple et de sa sagesse. C’est pour cela que je souhaitais découvrir les proverbes libanais. Dans le quotidien L’Orient-Le Jour daté du 12 janvier, Zéna Zalzal présente l’œuvre titanesque de Hana Samadi Naaman, « Les proverbes de ma mère ». Je l’ai acheté et le butine avec délectation ! Une sélection de proverbes est proposée dans la colonne de droite de ce blog.
Les kurdes célèbrent leur Nouvel An à Beyrouth
En ce dimanche 21 mars, le soleil est éclatant. Je profite de ce premier jour de printemps pour aller à Beyrouth et ainsi revoir la Grotte aux Pigeons survolée lors de mon retour au Liban le mois dernier.
Je quitte la corniche, lieu de promenade des Beyrouthins longeant la mer, et m’engage sur un chemin qui descend vers celle-ci. Je suis surpris de croiser autant de personnes allant dans le même sens que moi en ce milieu de journée, et présume que c’est un lieu de pique-nique dominical. Lorsque je rencontre un homme arborant un drapeau rouge, blanc, vert et frappé d’un soleil jaune, je réalise que les souvenirs de mes cours de géographie en école primaire sont lointains. Je ne suis pas en mesure de situer sur la mappemonde le pays associé. Cet homme est-il un touriste fier de montrer son pays d’origine ? Je croise ensuite deux puis trois puis quatre drapeaux, et ainsi de suite. Il doit y avoir une explication. Après quelques instants, une marée humaine et de drapeaux se découvre en contrebas, juste au bord de l’eau. Arrivé au milieu de la foule, je demande à l’un des militaires présents sur le site la raison de ce rassemblement. Je comprend de l’arabe le mot « fête » et devine le mot « kurde ».
Beyrouth touché par le gel
Lundi dernier, j’ai eu connaissance de cette information relayée par la presse locale. Le quartier d’Achrafieh a été touché samedi vers 18 heures par un phénomène qui tend à prendre de plus en plus d’ampleur au Liban et dans le monde entier. Il s’agit d’un freeze, terme en anglais traduit en français par le mot gel.
Presse – L’énergie solaire thermique au Liban : potentiel, réalisations et défis
Le Liban est-il engagé sur la voie verte, notamment dans le domaine de l’énergie solaire ? Dalal Medawar apporte des éléments de réponse dans le quotidien L’Orient-Le Jour daté du 17 décembre dernier.
Il est évident que le Liban possède des ressources naturelles remarquables … et exploitables, ne serait-ce qu’au seul niveau de l’énergie solaire, sans prendre en considération l’hydraulique ou l’éolien. En effet, le pays possède une moyenne d’ensoleillement de 300 jours par an, soit de quoi produire potentiellement entre 2 et 6 kilowatts-heure au mètre carré (kWh/m2).
Presse – « Your day away », jour de repos des parents d’enfants autistes
Dans le quotidien L’Orient-Le Jour daté du 10 décembre dernier, Leyla Makki parle d’une belle initiative organisée par la Société Libanaise de l’Autisme (SLA) et connue sous le nom « Your day away ». Il s’agit d’une « journée de repos » destinée aux parents d’enfants autistes.
La SLA est une association créée en 1999 par des parents d’enfants autistes. Elle compte déjà plus de 300 membres. En 2008 elle a décidé de joindre l’ONG américaine « Your day away » et c’est dans ce cadre qu’elle organise depuis deux ans une journée annuelle pour les parents.
Presse – Don d’organes : la pénurie aiguë reste de mise au Liban
Afin d’être éclectique dans ma revue de presse, j’ai sélectionné aujourd’hui cet article de Nada Merhi publié le 19 novembre dernier dans le quotidien L’Orient-Le Jour et abordant le thème du don d’organes.
Avec deux donneurs par an pour un million d’habitants, le Liban a encore un long chemin à parcourir en matière de don d’organes. La raison principale de cette pénurie demeure essentiellement la réticence des hôpitaux à appliquer les décrets ministériels publiés en ce sens et le manque de sensibilisation à cette action noble.
Récapitulatif des articles précédents
Au milieu de ma coopération, je vous propose un récapitulatif des 160 articles déjà publiés :
Mars 2010 :
Février 2010 :
Deux semaines de vacances en France
Presse – Les articles contrefaits : délit pénal ou conséquence du laisser-faire ?
Presse – Vu la rareté des structures de soins, les toxicomanes finissent… en prison
La DCC lance les séjours courts
Presse – Al Majal, un centre de loisirs pour enfants et adultes aux besoins spéciaux
Pétition pour la sauvegarde du LMT
Le réveillon du 31 décembre
Les décorations de Noël
De retour au Liban
Deux semaines de vacances en France s’achèvent et le retour au Liban approche.
De l’aéroport parisien…
Après la dépose de mon bagage en soute et les contrôles de sécurité à l’aéroport Roissy-Charles-de-Gaulle, je prends place à bord de l’avion. Après quelques minutes, le hublot de notre Boeing 777 laisse découvrir un avion d’Air France avançant à vitesse réduite pour se garer près d’un avion de la Middle East Airlines (compagnie aérienne libanaise). Quelle coïncidence !
Deux semaines de vacances en France
En ce début de février, je prends deux semaines de congés en France. Cette idée de couper ma mission en son milieu était déjà pressentie avant mon départ pour plusieurs raisons : prendre un peu de recul sur celle-ci, garder le contact avec famille et amis. La durée est telle que je puisse faire tout ce que j’ai à faire, sans pour autant m’établir en France et ainsi couper le rythme de ma mission.
