Le sanctuaire de Bechwat, lieu de miracles et d’apparitions de la Vierge
Le 21 août 2004, Bechwat, petit village chrétien maronite de la plaine de la Bekaa, a été le théâtre d’un miracle de la Vierge. Alors qu’il contemplait la statue de Notre-Dame de Bechwat, Muhammad al-Hawadi, un enfant jordanien et musulman chiite, demanda à l’ami maronite de son père qui était cette femme qui lui souriait. L’adulte lui expliqua qu’il s’agissait d’une statue qui ni ne bougeait, ni ne souriait.
Mais l’enfant, à la surprise de son compagnon et d’un habitant du village alors présent dans l’église prononça une longue prière plus grande que lui parce qu’elle fut perçue comme une prière à très forte connotation chrétienne : « Salut à toi, Vierge Marie, Reine du monde, de la paix et de l’amour. Des vieillards, des enfants et des femmes tombent de par le monde. Instaure la paix, l’amour et la liberté sur la face de la terre, ô Reine du monde. »
Étonnés par le comportement de l’enfant, les deux adultes s’approchèrent de la statue et constatèrent qu’elle respirait. Ils perçurent également un mouvement du chapelet disposé entre ses mains. Cette dernière fit ensuite le signe de croix avec ses pupilles. Plus tard, elle exsuda de l’huile odorante.
La nouvelle du miracle se propagea rapidement dans la région et le jour suivant de nombreux pèlerins chrétiens et musulmans se rendirent dans la chapelle. Le surlendemain, la guérison miraculeuse d’un infirme fut le point de départ d’un immense afflux de pèlerins, chrétiens (maronites, melkites, grecs orthodoxes et arméniens) et musulmans (chiites et sunnites). Et ceci dans le contexte du Liban où les relations interconfessionnelles sont tendues.
La chapelle aux deux statues de la Vierge
En septembre dernier, une sortie a été organisée pour le personnel de Anta Akhi à Bechwat. Invité à y participer, je ne me suis pas fait prier pour découvrir ce lieu dont j’ignorais totalement l’existence, même après deux années de présence au Liban.
Nous nous dirigeons vers le véritable centre de pèlerinage, une chapelle dont le bâtiment actuel date de 1910. Debout, assis ou à genoux, les pèlerins se recueillent devant les deux statues présentes de part et d’autre de l’autel. L’une est Notre-Dame de Lourdes, l’autre est Notre-Dame de Bechwat.
Si je suis habitué à voir des exemplaires de la statue de Lourdes dans les églises libanaises, c’est la première fois que je vois cette statue de Bechwat. Derrière une vitre qui la sépare des pèlerins, la Vierge est revêtue d’une longue tunique bleue nuit constellée d’étoiles, sa tête est recouverte d’un voile noir et d’une couronne dorée. Ses yeux sont rivés vers le sol, son visage est sévère et fermé. Elle tient entre ses mains un crucifix ensanglanté.
Cette statue est en fait une représentation de la Vierge apparue en 1871 à Pontmain, petit village français que j’avais visité enfant. Les circonstances de l’arrivée de cette statue dans ce village de la Bekaa restent mystérieuses. Il pourrait s’agir du don d’un ambassadeur de France pour la guérison de sa fille malade, du don d’un immigré du village, de l’envoi d’un père jésuite.
En l’absence de représentants de l’Église dans la chapelle, des pèlerins entament une prière. A la fin de celle-ci, ils regardent, touchent, caressent ou embrassent le portrait encadré de la Vierge de Bechwat situé sur l’autel, moyen de construire cette présence et d’établir un contact avec elle. Puis ils quittent la chapelle.
Je me rends ensuite dans la nouvelle église, ce que ne font pas les pèlerins, tout comme mes collègues de Anta Akhi. Achevée dans les années 1990, elle est imposante et visible à plusieurs kilomètres à la ronde. Ceci pour assurer un marquage catholique dans un espace majoritairement chiite !
Je saisis l’occasion d’un temps libre pour me rendre dans la boutique du sanctuaire. Elle regorge de rosaires, porte-clés, représentations de la Vierge de Bechwat, du Christ et de saints (saint Charbel, sainte Thérèse de Lisieux…). J’y fais ma réserve de bracelets en corde. Je les affectionne autant pour leur côté esthétique que pour leur fonction d’aide à la prière, une croix correspondant à un « Notre Père » et dix nœuds à autant de « Je vous salue Marie ».
Pour cet article, je me suis appuyé sur l’étude d’Emma Aubin-Boltanski intitulée « Miracles et apparitions de la Vierge au Liban – La preuve par l’Autre ».
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L’aventure humaine de la caravane amoureuse (3/10)
Jour 3 – Taanayel
Il est 9 heures. Probablement de passage à Baalbek, un voyageur semble étonné de voir les décorations des bus de la caravane et profite de la situation pour filmer l’un d’eux. Nous rejoignons nos bus respectifs, mettons les voiles et larguons les amarres. A travers les vitres, nous saluons une dernière fois la personne de la municipalité qui nous a accompagné lors de notre étape baalbekoise et qui est visiblement émue. Nous mettons le cap vers le sud. Cette traversée de la plaine de la Bekaa est l’occasion de faire des (re)découvertes.
L’aventure humaine de la caravane amoureuse (2/10)
Jour 2 – Baalbek
Après avoir sillonné près de 6000 kilomètres à travers la France, l’Italie, la Slovénie, la Croatie, la Serbie, le Kosovo, la Bulgarie, la Turquie et la Syrie, la caravane amoureuse arrive à Baalbek. Le fourgon de Marc Vella aménagé pour transporter le piano, le camping-car des cinéastes et les trois bus aménagés pour héberger les caravaniers ne passent pas inaperçu près des ruines. Les bus, répondant aux doux noms de Kagi, Gédéon et Caribou, se sont en effet embellis au fil des rencontres, avec dessins et phrases comme « Je t’aime » en bulgare, « La Caravane amoureuse, vous êtes mes amis, je vous aime sans frontières » en arabe.
L’aventure humaine de la caravane amoureuse (1/10)
Lors de mes vacances françaises en février dernier, un couple d’amis me réserve une surprise en m’annonçant sa venue au Liban en mai avec la caravane amoureuse. Quelques minutes de présentation du projet me suffisent pour être séduit. Après trois mois d’attente, le départ se profile. Sans savoir vraiment où cette aventure me mènera.
Presse – Dans la Békaa, les clans veulent en finir avec les vendettas
Le quotidien L’Orient-Le Jour a publié le 30 octobre un article sur la vendetta, une coutume datant de la période préislamique.
Dans une zone aride et pauvre de la plaine de la Békaa, des clans tout-puissants ont pris l’initiative historique de mettre fin aux vendettas, tradition ancestrale qui, avec le trafic de drogue, a mis cette région au ban du pays, rapporte Jocelyne Zablit de l’AFP.
Visite des ruines d’Anjar
Après la visite des caves du Château de Ksara, nous reprenions la route vers le sud. Direction Anjar un village rassemblant une nombreuse population arménienne. Les ruines d’une cité omeyyade près de ce village sont l’unique site du Liban datant de l’époque de cette brillante dynastie musulmane. Comme le site de Baalbek, il est inscrit sur la liste du patrimoine mondial au titre de site culturel.
Visite des caves du Château Ksara
Profitant d’une terre argilo-calcaire, d’un ensoleillement de près de 300 jours par an et d’un climat sans caprices, les vignobles s’étendent à perte de vue dans la plaine fertile de la Bekaa.
L’origine du vin au Liban remonte aux Phéniciens qui en firent commerce avec le reste de la Méditerranée. Les Grecs et les Romains perpétuèrent la tradition. Ce n’est pas un hasard s’ils ont construit, à quelques kilomètres de là, à Baalbek (voir l’article « Visite des ruines de Baalbek »), un des plus célèbres temples consacrés à Bacchus. Le christianisme entretint à son tour cette culture du vin, des noces de Cana jusqu’aux Croisés, en passant par Byzance.
Visite des ruines de Baalbek
« La pierre de la femme enceinte »
A l’entrée de Baalbek, nous différions la découverte des ruines pour visiter l’une des carrières antiques creusées dans la colline d’où proviennent les pierres qui ont servi à la construction des temples. Un bloc de pierre taillée surnommé Hajar el-Houblé, « la pierre de la femme enceinte », est resté à l’emplacement où il fut extrait. C’est probablement la plus lourde pierre taillée du monde. Elle mesure 21.5 m de long, 4.8 m de large et 4.2 m de haut. Son poids est estimé à 2000 tonnes. Je suis monté en haut de cette pierre pour poser avec le drapeau libanais !
Visite du sanctuaire Notre-Dame de Zahlé et de la Bekaa
Des visiteurs sont venus cet été pour un stage à Anta Akhi (c’est le cas de Pierre, séminariste français) ou pour revenir à Anta Akhi (c’est le cas d’Anne et Thierry, un couple de suisses). D’une façon générale, les visiteurs étrangers passent la majeure partie du temps à Anta Akhi mais il leur est aussi proposé de découvrir le Liban. C’est ainsi que je me suis invité à l’une de ces visites dans la Bekaa, l’une des régions que je ne connaissais pas. Peut-être parce qu’elle se situe de l’autre coté de la montagne ! Dans la même journée, nous avons vu le sanctuaire Notre-Dame de Zahlé, les ruines de Baalbek, les caves du Château de Ksara et les ruines d’Anjar. La journée au programme varié peut commencer…
Randonnée raquettes à la montagne
Je ne suis pas un grand fan de la montagne l’hiver. Mais j’ai accepté la proposition de Benoit, le correspondant local de la DCC au Liban. Samedi, nous étions 6 avec lui, 5 volontaires DCC et une amie de volontaires, pour une randonnée à raquettes près de Zahlé.
Pour bien commencer et bien finir la journée, la voiture s’est enneigée. Heureusement, nous avons reçu à chaque fois l’aide de Libanais fort sympathiques.
