L’aventure humaine de la caravane amoureuse (7/10)
Jour 7 – Tyr
Céline, Erwan et moi remercions chaleureusement Mohammed et sa femme qui nous ont accueillis à dormir chez eux à Nabatieh. Peu après, nous reprenons la route en direction du sud. J’observe le paysage défiler derrière la vitre, l’infini paysage azuré, les plantations de bananiers. Puis nous arrivons au fleuve Litani, large de quelques mètres seulement. Aussitôt franchie cette frontière naturelle avec le sud-Liban, la présence de casques bleus sud-coréens dans des blindés peints en blanc et frappés du sigle « UN » rappelle que la région est sous le contrôle de la FINUL.
Nous continuons notre route, traversons la ville côtière de Tyr et accédons à l’Université Islamique. Sa situation en bord de mer et l’extérieur des bâtiments font rêver ! Nous entrons dans une salle où nous attendent des étudiants en gestion, en « graphic design » (design graphique en français) et en langues. Au fur et à mesure que Marc parle, l’atmosphère froide initiale laisse progressivement place à une écoute attentive. Des échanges animés naissent autour de thèmes comme l’amour, la paix, le pardon, le voile. Les questions sont nombreuses, diverses, intelligemment posées. L’occasion de combattre les préjugés et détruire ces murs qui cachent l’horizon de part et d’autre est saisie. Mon attention est portée sur les tenues vestimentaires « fashion » de certains étudiants. Bien loin des robes et voiles sombres, certaines jeunes femmes portent des tenues aux tons chatoyants, des textiles délicats et bijoux fantaisie. Les foulards des jeunes filles selon l’impératif coranique ne cachent que la chevelure et mettent en relief des visages souriants très gracieux. Après ce temps en commun, des échanges informels extrêmement riches se font en petits groupes mêlant étudiants et caravaniers.
Sitôt le déjeuner pris dans l’université, les caravaniers se séparent, les uns pour continuer les échanges avec des étudiants, les autres pour se promener, se reposer ou profiter de la mer si proche. De mon côté, j’accompagne Yves, l’intendant de la caravane, et Marie-Astrid pour partir en quête de nourriture. Nous passons près de l’un des deux sites archéologiques de la ville, avec sa voie romaine bordée de colonnes de marbre, puis arrivons dans la vieille ville, quasi vide en cette heure la plus chaude de la journée. Nous y faisons nos achats de fruits, de légumes, de pain… Mais pas de poisson bien qu’Yves, notre marin de la caravane amoureuse, ait confirmé qu’il était frais. Sur le chemin du retour, nous faisons une rapide halte au modeste port de Tyr. L’heure de gloire de ce principal port de la Méditerranée orientale qui commerçait avec l’Occident est un souvenir fort lointain.
A 17 heures, nous partons déambuler dans les rues de Tyr. Marc au piano, Yves à l’accordéon, François aux balles de jonglage, tous impatients d’aller à la rencontre des tyriens. Curieux, les passants s’arrêtent, les automobilistes réduisent leur vitesse et provoquent ainsi des embouteillages, des personnes nous regardent accoudés à leur fenêtre ou de leur balcon, des personnes arrêtent leur activité comme ces garagistes. Et les visages sourient, des échanges entre caravaniers et tyriens sont osés, échanges de regards, de mains qui se serrent, de bisous, de danses, de remerciements, d’encouragements. Nous manifestons simplement notre joie d’être ensemble.
A la fin de l’itinérance, je profite d’un petit temps libre pour me baigner. Quel bonheur avec cette magnifique luminosité de fin de journée sur la baie et la présence de chevaux !
Exceptionnellement, le spectacle de la soirée est remplacé par une nouvelle déambulation sur la corniche de Tyr. C’est encore une belle soirée d’échanges, de fête.
De retour à l’Université Islamique, l’équipe cuisine de la caravane se surpasse en l’honneur de la fête d’Yves. Une prescription médicale lui est offerte : prendre chaque jour un bonbon d’une plaquette de bonbons spéciaux, lire chaque jour un des messages que chaque caravanier a inscrits sur un petit bateau en papier ! Gestes attentionnés au sein de la caravane. Nous rejoignons ensuite nos bus respectifs et nous endormons, bercés par le bruit des vagues sur les rochers…
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L’aventure humaine de la caravane amoureuse (6/10)
Jour 6 – Nabatieh
Il est 7 heures du matin, plusieurs élèves et caravaniers prennent place sur les bancs de la chapelle du collège de Joun pour assister à la messe célébrée par le père Abdo Raad, directeur du collège. Des livrets intitulés « La Divine Liturgie de saint Jean Chrysostome » sont mis à notre disposition pour suivre le déroulement de la messe selon le rite grec-catholique. Au fil de celle-ci, le père Abdo Raad prend le temps de nous apporter quelques explications complémentaires. Personnellement, je reste à chaque fois admiratif devant la splendeur de la liturgie orientale, les chants en langue arabe et le fort parfum s’échappant de l’encensoir à clochettes.
Presse – Un lieu de villégiature de rêve au Liban, aux portes de l’ennemi
À flanc de colline, au cœur d’une végétation luxuriante et en surplomb d’une rivière, le cadre est idéal pour une villégiature de rêve. Mais le complexe touristique en construction se dresse dans un village du Liban aux portes de l’ennemi, à un jet de pierre d’Israël. « On nous a dit que c’est une folie de construire si près de la frontière avec Israël », explique Khalil Abdallah, l’initiateur de ce projet de 3 millions de dollars érigé à Wazzani, à trois mètres de la ligne bleue. « On nous a dit aussi que c’était une très bonne idée », ajoute cet entrepreneur de 58 ans, de retour au pays après 40 années passées en Afrique.
Presse – Une vache morte envenime le conflit entre le Liban et Israël
J’ai sélectionné un court article paru dans le quotidien L’Orient-Le Jour du 17 août.
L’unité espagnole au sein de la Finul a poursuivi hier la construction d’une barrière de métal autour du bassin de Baathaïl dans les collines de Kfarchouba pour empêcher les vaches israéliennes de venir y boire. L’unité espagnole a jusqu’à présent terminé les fondations en métal et elle commencera à ajouter du béton au cours des prochains jours. La durée des travaux est estimée à trois semaines. En attendant, la vache israélienne morte il y a quelques jours dans le coin n’a toujours pas été retirée. Les Libanais refusent de la laisser dans la zone libérée et les Israéliens ne veulent pas reprendre la dépouille. La Finul multiplie les contacts entre les deux camps dans l’espoir d’aboutir à un accord, mais chaque partie campe sur ses positions et la dépouille de la vache a déjà été largement entamée par les bêtes sauvages qui pullulent dans le coin. Ce qui dérange énormément l’unité indienne de la Finul, pour laquelle la vache est un animal sacré. Par conséquent, la dépouille ne devrait pas être laissée à l’air libre et elle devrait être enterrée décemment.
Campagne de nettoyage de la plage à Tyr
Pèlerinage à ND de Mantara à Maghdouché
Avec la paroisse latine de Jounieh, nous avons effectué le 24 mai un pèlerinage à Notre-Dame de Mantara à Maghdouché, près de Saïda.
Un peu d’histoire
Saint Marc dans son Evangile dit que le Christ, ayant quitté Génésareth en Palestine, se rendit dans la région de Tyr et de Sidon (l’actuelle Saida) pour prêcher la Bonne nouvelle et guérir les malades. La Sainte Tradition relate que la Vierge Marie accompagnait son fils Jésus dans ses voyages. Or, les femmes juives n’avaient pas le droit d’entrer dans les villes païennes. Et comme Sidon était une ville cananéenne, donc païenne, la Vierge Marie attendait son fils dans cette grotte à Maghdouché, car la route romaine, qui traversait Jérusalem jusqu’à la côte libanaise, passait par ce village. Elle « l’attendait » dans la prière et le recueillement, d’où le nom de Notre-Dame de « L’Attente » et le nom en arabe « Mantara ».
