Presse – Sous la pression du Hezbollah, une école retire un manuel parlant d’Anne Frank
J’ai sélectionné un article paru dans le quotidien L’Orient-Le Jour du 07 novembre. L’AFP rapporte que des extraits du « Journal d’Anne Frank » – une jeune juive morte dans un camp de concentration nazi – ainsi que des explications relatives à l’œuvre ont été coupés d’un manuel scolaire utilisé par un établissement libanais à la suite d’une campagne du Hezbollah selon qui l’ouvrage fait la promotion du sionisme.
La polémique a éclaté après que le Hezbollah eut appris qu’un manuel scolaire utilisé par un établissement privé de langue anglaise situé à l’ouest de la capitale contient des extraits du Journal d’Anne Frank.
La chaîne du Hezbollah, al-Manar, a dénoncé l’ouvrage, estimant qu’il se concentre sur la persécution des juifs. « Ce qui est plus dangereux encore est la manière dramatique et théâtrale dont le journal est relaté, il est chargé d’émotion », estime la chaîne dans un reportage diffusé la semaine dernière. Il se demande pour combien de temps encore le Liban « restera une arène ouverte pour l’invasion sioniste de l’éducation ».
Un membre du conseil de gestion de l’école, Jimmy Choufani, a indiqué à l’AFP que l’établissement avait décidé d’abandonner le manuel en question à la suite de cette polémique. […]
Dans un commentaire à la chaîne al-Manar, le député Hussein Hajj Hassan a critiqué l’établissement scolaire concerné et « son manque de discernement dans le choix de ses manuels ». « Ces établissements respectables enseignent la prétendue tragédie qu’a vécue cette fille, alors qu’ils ont honte d’enseigner la tragédie du peuple libanais, du peuple palestinien… la tragédie des gens du Sud, provoquées par l’occupation sioniste », a-t-il dit.
Seconde campagne d’intimidation
De son côté, l’organisation Aladdin’s Project, basée à Paris, qui lutte contre la négation de l’Holocauste et qui a été la première association à traduire le Journal d’Anne Frank en arabe, a condamné dans un communiqué « la campagne d’intimidation menée par le Hezbollah », ajoute l’AFP.
Le juge Naïm Kalaani, membre du comité de boycott des produits sionistes, a estimé, pour sa part, que « l’utilisation de ce livre est une violation du code pénal libanais » et une initiative « vers la normalisation avec Israël ». Mais le journaliste et criminologue Omar Nachabé a rejeté de tels arguments qu’il a qualifiés « d’infondés ». « La loi parle de l’État d’Israël, du drapeau israélien, de l’entité d’Israël en tant que nation », a-t-il dit. « Or Anne Frank n’est pas israélienne », a-t-il ajouté, précisant « qu’Anne Frank fait partie de la littérature mondiale » et que l’œuvre est disponible sur Internet, précise l’AFP.
Rappelons qu’Anne Frank a écrit son journal entre 1942 et 1944, alors qu’elle se cachait des nazis dans une cave à Amsterdam avec sa famille. Elle est morte à l’âge de 15 ans dans le camp de concentration de Bergen-Belsen. Son journal a été publié à titre posthume.
Contactée par L’Orient-Le Jour, la ministre de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur, Bahia Hariri, a préféré prendre connaissance du problème et avoir accès au manuel scolaire en question avant d’effectuer le moindre commentaire. « Nous prenons la question très au sérieux et allons traiter le problème avec responsabilité, dans le cadre des institutions », a-t-elle affirmé. Elle a toutefois précisé que la censure n’est pas l’affaire du ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur, mais de la Sûreté générale.
Le parti chiite s’en était pris le mois dernier à un autre manuel scolaire utilisé dans une école privée réputée de Beyrouth-Ouest dans lequel le Hezbollah et le mouvement islamiste palestinien Hamas sont qualifiés d’organisations terroristes à l’issue des attentats terroristes du 11-Septembre, raconte encore l’AFP. Ce manuel, publié aux États-Unis, a été utilisé pendant des années par l’école et le chapitre en question est habituellement coupé par la censure au Liban. C’est un exemplaire non censuré acheté à l’étranger par un élève qui aurait provoqué la polémique.
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Un gouvernement voit enfin le jour (2/2)
Suite de l’article Un gouvernement voit enfin le jour (1/2).
Le 9 novembre – Enfin un gouvernement
Après plus de quatre mois d’âpres négociations, la majorité et l’opposition tombent d’accord sur la répartition des portefeuilles ministériels. Le gouvernement d’union nationale de Saad Hariri nait officiellement le 9 novembre.
Le nouveau cabinet est composé de 30 ministres, dont 15 pour la majorité, 10 pour l’opposition, et 5 « neutres » désignés par le président Sleimane (j’ai dû rater un épisode car les chiffres ne sont pas les mêmes que ceux de l’accord de Doha !). Parmi eux, 14 ministres entrent dans le gouvernement, dont deux femmes ; 16 ministres retrouvent donc leur poste, dont deux changeant de portefeuilles.
Un gouvernement voit enfin le jour (1/2)
135, c’est le nombre de jours qu’il a fallu à Saad Hariri pour former un gouvernement d’union nationale ! J’imagine le nombre de nuits blanches et de comprimés de Panadol (paracétamol) nécessaires au premier ministre pressenti pour résoudre le casse-tête chinois, ou plutôt libanais en l’occurrence. Pour comprendre un peu la situation, je propose un rappel des principaux événements. Sans grande prétention tant la situation est complexe et les interactions au sein du pays et avec l’étranger sont nombreuses. N’étant présent au Liban que depuis quelques mois, je ne suis pas sûr d’avoir tout compris.
Presse – L’élection du Liban au Conseil de sécurité unanimement applaudie
Le 15 octobre dernier a marqué le retour du Liban au Conseil de sécurité de l’ONU après 55 ans d’absence. A l’Assemblée générale de l’ONU, à New York, les représentants de 190 pays défilaient tour à tour pour élire les nouveaux membres non permanents du Conseil de sécurité qui siègeront à partir du 1er janvier 2010. Voici l’article de Sylviane Zehil publié à ce propos dans le quotidien L’Orient-Le Jour le lendemain de l’élection.
Les élections législatives – Partie 3
La victoire de la coalition du 14 mars
La coalition du 14 mars, soutenue par l’Occident et menée par le Courant du Futur de Saad Hariri, a remporté les élections législatives ce dimanche et ainsi obtenu la majorité des sièges au Parlement, soit 71 sièges sur 128, dans l’état actuel des alliances.
Les élections législatives – Partie 2
Le communiqué des évêques maronites
Les évêques maronites du Liban et de l’étranger, sous l’égide du patriarche maronite Mgr Nasrallah Sfeir, ont publié un communiqué dont en voici un extrait :
« Les pères de l’Église réitèrent leur appel en faveur de la tenue d’un scrutin législatif dans un esprit de responsabilité et de transparence et expriment l’espoir que cette importante échéance nationale consacrera la liberté et la vraie démocratie au Liban (…). Ils appellent aussi les citoyens à placer les intérêts supérieurs au-dessus de tout autre intérêt personnel, factieux ou sectaire (…) ».
Les élections législatives – Partie 1
Après de longs mois de campagne, les élections législatives auront lieu demain. Le quotidien L’Orient-Le jour d’aujourd’hui considère ce scrutin comme le plus crucial du Liban contemporain, pays dirigé par un gouvernement d’unité nationale depuis la fin du printemps 2008.
Le renouvellement du Parlement
Un peu plus de 3,2 millions de Libanais sont appelés aux urnes demain et doivent choisir 128 députés parmi les 587 candidats enregistrés, répartis à parité entre chrétiens et musulmans pour un mandat de quatre ans. Chaque communauté religieuse se voit attribuer un nombre de sièges dans 26 circonscriptions en fonction de son poids démographique. Les députés sont élus à la majorité simple.
